Abdourakhmanov s'illustre par une langue droite dans ses bottes. Une langue qui ne fait pas dans la fioriture et va droit au but, sans s'embarrasser des effets de style qui habillent habituellement un propos en bois massif. Abdourakhmanov n'emballe pas, il dit. Il dit, tout en évitant le piège du pompeux. Abdourakhmanov ne fait pas dans l'emphase, il constate avec une légèreté, non, une honnêteté ! osons le mot, qui déconcerterait les plus audacieux. Et là, probablement, réside tout son art. Un art dont il parvient à exprimer la quintessence dans une petite phrase : « Si Russie unie (le parti de Vladimir Poutine) a besoin d'obtenir aux élections 115-120 % des suffrages, nous pouvons garantir ce résultat », a déclaré notre homme qui, pour 100 % pur caucasien qu'il soit, n'hésite pas à endosser le costume d'un César Pagnolesque qui saurait faire rentrer quatre tiers dans un verre parce que, en fin de compte, « tout dépend de la grosseur des tiers ».
Non, ce n'est pas pour ses haïkus ciselés - « Les femmes de droite sont plus belles et plus diplômées » ; « Mieux vaut avoir la passion des belles femmes qu'être gay » - que le « papounet » des mineures, l'adepte des soirées « bunga bunga » entre amis, a décroché le prix « Trop Virilo ».
Non, en lui attribuant son prix, le jury a voulu honorer l'endurant, le pugnace, le Johnny Walker de la beaufitude, le hâbleur tout-terrain qui, malgré les cris d'orfraie des esprits chagrins et contrits, maintient à un angle défiant son âge la poussée de testostérone.
Un prix qui a été annoncé après de longues et âpres discussions au sein du jury, certains membres estimant que la sécheresse du style, voire son absence totale, disqualifiait de facto le comité de l'ifta, alors que d'autres s'égosillaient à expliquer que précisément, le style lapidaire était l'essence même de la fatwa et qu'il fallait être complètement à côté de ses pompes pour exiger du Proust en la matière. En ce qui concerne le fond, le débat fut plus décontracté, tous les membres du jury s'accordant à saluer cette tentative de libération de la femme « eniqabée » d'une des formes les plus modernes du travail à la chaîne au féminin.
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Le prix Goncourt a été attribué au président du Parlement tchétchène, Doukouvakha Abdourakhmanov. Abdourakhmanov s'illustre par une langue droite dans ses bottes. Une langue qui ne fait pas dans la fioriture et va droit au but, sans s'embarrasser des effets de style qui habillent habituellement un propos en bois massif. Abdourakhmanov n'emballe pas, il dit. Il dit, tout en évitant le piège du pompeux. Abdourakhmanov ne fait pas dans l'emphase, il constate avec une légèreté, non, une honnêteté ! osons le mot, qui déconcerterait les plus audacieux. Et là, probablement, réside tout son art. Un...


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