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Moyen Orient et Monde - Le Billet

Et le Goncourt revient à...

En cette semaine marquée par la remise de prix littéraires, un palmarès... légèrement alternatif.
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Le prix Goncourt a été attribué au président du Parlement tchétchène, Doukouvakha Abdourakhmanov.
Abdourakhmanov s'illustre par une langue droite dans ses bottes. Une langue qui ne fait pas dans la fioriture et va droit au but, sans s'embarrasser des effets de style qui habillent habituellement un propos en bois massif. Abdourakhmanov n'emballe pas, il dit. Il dit, tout en évitant le piège du pompeux. Abdourakhmanov ne fait pas dans l'emphase, il constate avec une légèreté, non, une honnêteté ! osons le mot, qui déconcerterait les plus audacieux. Et là, probablement, réside tout son art. Un art dont il parvient à exprimer la quintessence dans une petite phrase : « Si Russie unie (le parti de Vladimir Poutine) a besoin d'obtenir aux élections 115-120 % des suffrages, nous pouvons garantir ce résultat », a déclaré notre homme qui, pour 100 % pur caucasien qu'il soit, n'hésite pas à endosser le costume d'un César Pagnolesque qui saurait faire rentrer quatre tiers dans un verre parce que, en fin de compte, « tout dépend de la grosseur des tiers ».
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Le prix « Trop Virilo », qui récompense « la plus vivace poussée de testostérone (littéraire) de l'année », a été attribué à l'unanimité du jury à Silvio Berlusconi. Avec ce prix, ce n'est pas l'auteur des petites phrases qui a été salué. Ce prix ne vise pas à honorer l'homme qui enfile les perles dont il pare les veline, ces belles plantes qui ornent dans un silence monacal seulement brisé par quelques gloussements bien sentis, les plateaux de ses télévisions. Veline qui sont au Cavaliere ce que le cheval est à l'homme.
Non, ce n'est pas pour ses haïkus ciselés - « Les femmes de droite sont plus belles et plus diplômées » ; « Mieux vaut avoir la passion des belles femmes qu'être gay » - que le « papounet » des mineures, l'adepte des soirées « bunga bunga » entre amis, a décroché le prix « Trop Virilo ».
Non, en lui attribuant son prix, le jury a voulu honorer l'endurant, le pugnace, le Johnny Walker de la beaufitude, le hâbleur tout-terrain qui, malgré les cris d'orfraie des esprits chagrins et contrits, maintient à un angle défiant son âge la poussée de testostérone.
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Quant au prix Femina, il a été attribué au comité de l'ifta, haute instance religieuse saoudienne dépendant du haut comité des oulémas. Un comité de l'ifta qui, interrogé sur l'emploi des femmes comme caissières, métier ouvert à la gent féminine depuis août dernier au sein du guilleret royaume wahhabite, a rappelé, dans une fatwa, qu'il « n'est pas permis aux femmes de travailler dans des endroits où elles peuvent se trouver avec des hommes ». « Les femmes doivent rechercher des emplois où elles ne peuvent pas être attirées par les hommes ni les attirer », poursuit le texte.
Un prix qui a été annoncé après de longues et âpres discussions au sein du jury, certains membres estimant que la sécheresse du style, voire son absence totale, disqualifiait de facto le comité de l'ifta, alors que d'autres s'égosillaient à expliquer que précisément, le style lapidaire était l'essence même de la fatwa et qu'il fallait être complètement à côté de ses pompes pour exiger du Proust en la matière. En ce qui concerne le fond, le débat fut plus décontracté, tous les membres du jury s'accordant à saluer cette tentative de libération de la femme « eniqabée » d'une des formes les plus modernes du travail à la chaîne au féminin.
En cette semaine marquée par la remise de prix littéraires, un palmarès... légèrement alternatif.
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Le prix Goncourt a été attribué au président du Parlement tchétchène, Doukouvakha Abdourakhmanov. Abdourakhmanov s'illustre par une langue droite dans ses bottes. Une langue qui ne fait pas dans la fioriture et va droit au but, sans s'embarrasser des effets de style qui habillent habituellement un propos en bois massif. Abdourakhmanov n'emballe pas, il dit. Il dit, tout en évitant le piège du pompeux. Abdourakhmanov ne fait pas dans l'emphase, il constate avec une légèreté, non, une honnêteté ! osons le mot, qui déconcerterait les plus audacieux. Et là, probablement, réside tout son art. Un...
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