Hier, les artificiers de la police ont neutralisé trois plis piégés qui avaient été adressés aux ambassades bulgare, chilienne et allemande. Deux autres, envoyés aux représentations suisse et russe, ont explosé sans faire de victime, selon la police grecque. Du coup, de nombreuses rues du centre-ville d'Athènes ont été fermées par la police, créant de gigantesques embouteillages, sans toutefois aucune scène de panique. Les représentations étrangères à Athènes avaient été averties dès lundi qu'elles devaient faire montre d'une grande vigilance dans la gestion de leur courrier, a indiqué à l'AFP une source diplomatique grecque.
En outre, à Berlin, un paquet suspect a été saisi hier à la chancellerie et est analysé pour déterminer s'il contient des explosifs, a annoncé une porte-parole de la police criminelle allemande (BKA). Des artificiers sont à l'œuvre, a-t-elle ajouté.
La veille, la police avait intercepté des envois piégés destinés aux chancelleries belge, mexicaine et néerlandaise, ainsi qu'un pli adressé, lui, directement au président français Nicolas Sarkozy. Selon une source policière, tous les colis piégés découverts hier ont été postés lundi, et la police privilégie la piste d'un seul et même groupe. Les enquêteurs étaient toutefois bien en peine de désigner une organisation précise, dans un pays confronté à un activisme extrémiste récurrent, s'incarnant dans divers groupes affichant des thèses d'extrême gauche ou anarchistes.
Selon Théodore Papathéodorou, professeur de criminologie à l'université du Péloponnèse, ces actes, essentiellement symboliques selon lui, sont un « appel » pour « attirer l'attention des opinions publiques au niveau européen » et « dénoncer la crise » qui frappe toute l'Europe, la Grèce en tête. Parmi les quatre premiers colis interceptés lundi, deux avaient été découverts dans des agences de messagerie express et deux en possession de deux suspects arrêtés dans la même zone. L'un d'eux, un étudiant en chimie de 22 ans, est recherché pour extrémisme anarchiste, l'autre, âgé de 24 ans, est connu pour militantisme autonome. Les suspects, qui étaient armés, ont été déférés hier en milieu de journée devant un procureur, qui a lancé contre eux des poursuites pour quatre crimes, dont « appartenance à une organisation terroriste » et « actions terroristes ».
Le gouvernement grec a condamné « les actes des criminels qui tentent, en vain, de semer la terreur et de troubler la paix publique » en rendant hommage à la police qui « a fait preuve d'excellents réflexes ».
Selon Georges Marnellos, journaliste au quotidien Eleftherotypia, qui traite des questions de terrorisme, « le phénomène en Grèce est plutôt dans le creux de la vague. Mais il ne faut pas croire que cette détente va durer. Car la Grèce traverse une crise économique et cela a des conséquences sur toute la société ».

