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Culture - Opéra

Le Bolchoï redécouvre un Don Juan contestataire 50 ans après

Après une pause d'un demi-siècle, le Bolchoï redécouvre un Don Juan moderne dans le salon d'une famille bourgeoise meublé de passions et de perfidie, une mise en scène radicale de l'opéra de Mozart qui veut sonner le plus authentiquement possible.

Don Juan est la deuxième création de Dmitri Tcherniakov, metteur en scène considéré comme l'un des plus radicaux en Russie./

Dans la nouvelle version de cet opéra, absent du répertoire du principal théâtre russe depuis 1955 et dont la première a eu lieu jeudi, les personnages sont en jeans et chaussures de sport, affichent un look parfait de caricature bourgeoise (brushing, talons, lunettes de soleil) ou bobo.
Ils chantent couchés lorsqu'ils s'adonnent à des ébats amoureux et n'hésitent pas à déshabiller en partie leur partenaire.
Le rideau noir tombe nerveusement tout au long du spectacle, mais le décor reste inchangé.
Il s'agit de la deuxième création commune de Dmitri Tcherniakov, metteur en scène d'opéra réputé, considéré comme l'un des plus radicaux en Russie, et du chef d'orchestre en vogue Theodor Currentzis. Leur Wozzeck, un opéra notoirement aux antipodes des spectacles du Bolchoï, avait décroché il y a un an un accueil triomphal.
Dans Don Juan, l'un continue de saper les traditions du très classique théâtre moscovite, l'autre fait en sorte qu'on joue et chante comme au 18e siècle.
"On a placé les protagonistes de l'opéra dans une famille bourgeoise. Don Juan est opposé aux membres de cette famille qui vivent d'après des règles qu'il bouleverse", explique M. Tcherniakov.
Pour Dimitris Tiliakos, le baryton grec qui chante Don Juan, son personnage est beaucoup plus complexe qu'un "macho ou latin lover".
"Derrière, on découvre une personnalité pour qui l'expression "vive la liberté!" ne s'applique pas seulement à la façon d'aimer les femmes", a-t-il expliqué avant la première.
Soucieux de remplir le spectacle d'archétypes de la société moderne, le metteur en scène a participé à la création des costumes.
"Je ne voulais pas que les spectateurs fassent attention aux vêtements, il ne fallait rien d'extraordonaire, mais les costumes devaient être révélateurs d'un certain type psychologique", a-t-il souligné.
Aux yeux de Theodor Currentzis, "le protagoniste c'est l'orchestre du Bolchoï".
Des cordes et des archets de l'époque ont été achetés par le Bolchoï pour que Mozart sonne le plus authentiquement possible. Les musiciens ont mis six mois pour apprendre la nouvelle manière de jouer.
"Je pensais que le son authentique était impossible au Bolchoï, les musiciens étaient aussi sceptiques et seulement ceux qui ont voulu ont participé à ce travail. Cela a donné un résultat fantastique", s'est félicité le maestro Currentzis.
Les chanteurs ont eux aussi dû découvrir de nouvelles techniques.
"Theodor (Currentzis) voulait que la voix sonne de façon baroque, qu'elle coule comme de l'eau", a confié Alina Iarovaïa qui chante Zerelina. "Mozart est plus difficile à chanter que Verdi, la musique est limpide et ne donne pas la possibilité de se rattraper", ajoute-t-elle.
Après avoir présenté Don Juan lors d'un festival à Aix-en-Provence en juillet, M. Tcherniakov a engagé pour son spectacle au Bolchoï plusieurs chanteurs étrangers, "la tradition de chanter Mozart n'étant pas très développée en Russie".
Co-production de plusieurs théâtres, Don Juan sera présentée au Bolchoï pendant deux ans, puis à Aix-en-Provence, à l'opéra de Madrid et celui de Toronto, a souligné Anton Guetman, directeur adjoint du Bolchoï.
"Je suis content que le Bolchoï s'intègre dans le contexte musical européen", a-t-il poursuivi.
"C'est une véritable fête pour nous. La musique est aujourd'hui très forte, dans les stades et ailleurs. On a besoin de revenir aux sons fins de l'époque de Mozart", conclut Alexandre Kalachkov, premier violon de l'orchestre.
Dans la nouvelle version de cet opéra, absent du répertoire du principal théâtre russe depuis 1955 et dont la première a eu lieu jeudi, les personnages sont en jeans et chaussures de sport, affichent un look parfait de caricature bourgeoise (brushing, talons, lunettes de soleil) ou bobo.Ils chantent couchés lorsqu'ils s'adonnent à des ébats amoureux et n'hésitent pas à déshabiller en partie leur partenaire.Le rideau noir tombe nerveusement tout au long du spectacle, mais le décor reste inchangé.Il s'agit de la deuxième création commune de Dmitri Tcherniakov, metteur en scène d'opéra réputé, considéré comme l'un des plus radicaux en Russie, et du chef d'orchestre en vogue Theodor Currentzis....
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