Lewis Hamilton sera méfiant au Brésil. Le pilote de McLaren sait trop à quel point São Paulo peut livrer une course incertaine. Toru Hanai Yeongam/Reuters
À une semaine du 18e des 19 meetings de la saison 2010, Lewis Hamilton se refuse à tirer des plans sur la comète. Il sait trop à quel point São Paulo peut livrer une course incertaine, chaotique. En 2007, il y avait laissé le titre pour un point, et l'avait gagné par cette même marge en 2008, dans l'avant-dernier virage. « Il semble que je doive toujours vivre une expérience unique au Brésil, fait remarquer l'Anglais de 25 ans. Dans ma première année en formule 1, j'avais doublé un paquet de voitures pour finir 7e et perdre le championnat. L'année suivante, j'avais encore connu une course compliquée, mais j'étais parvenu à prendre la 5e place dans le dernier tour pour décrocher le titre. L'année dernière, je m'étais mal qualifié, j'avais démarré 17e et utilisé le KERS pour booster ma course jusqu'à la 3e place à l'issue de l'une des plus belles courses de ma carrière. Il va s'en dire que j'aimerais avoir une course sympa, sans histoire. »
Button : Réapprendre à gagner
« Nous nous rendrons au Brésil en sachant que nous n'avons pas la voiture la plus rapide, mais nous avons un package correct qui devrait fonctionner, poursuit-il. Nous avons un moteur solide et bon en pointe, je pense donc que nous serons rapides - ce qui est crucial - et cette combinaison devrait nous donner l'opportunité de doubler dans le premier virage, qui est probablement la meilleure chance de passer sur cette piste.
Je sais que le championnat est dans tous les esprits en ce moment, mais je n'y pense pas trop : j'ai besoin d'un bon résultat pour être dans la lutte à Abou Dhabi, c'est donc ma priorité. Mais quoi qu'il arrive, ça va être très serré. »
À bien y regarder, Jenson Button vit plus sûrement la même situation quasi désespérée qu'« Iceman », avec 42 points à compenser. Il doit au pire cumuler une victoire et une 2e place, sans dans ce cas que Fernando Alonso n'en termine une. Ardu quand on sait qu'il n'a plus franchi une ligne d'arrivée en vainqueur depuis le 18 avril dernier en Chine, le 4e GP de la saison. Mais le réflexe est toujours d'y croire, surtout en repensant à ce qui s'est passé il y a un an. « Le Brésil est un Grand Prix spécial pour moi, c'est là que j'y ai remporté le championnat l'an dernier, rappelle-t-il. Interlagos est une piste incroyable, un endroit où on peut courir âprement, où les erreurs sont punies et où l'attaque est vraiment récompensée.
Je pense que notre package conviendra à cette piste. Ici, l'an dernier, j'ai appris une bonne leçon : j'étais 14e sur la grille et mon équipier (Rubens Barrichello) en pole, mais, alors que je pensais que c'était compromis, j'ai jeté à la fenêtre toute notion de prudence pour livrer l'une des plus belles parties de pilotage de la carrière. Je sais que j'ai non seulement besoin d'un bon résultat, mais aussi d'une défaillance des autres.
J'ai une montagne à gravir mais je donnerai tout pour rester dans le coup. J'ai lutté pour décrocher le titre en 2009 et je ne laisserai pas sans avoir combattu. »
Et puis, McLaren a aussi sur le feu le titre constructeurs. Après le fiasco de Red Bull en Corée du Sud, l'écurie de Woking est revenue à 27 longueurs alors que 86 points restent à distribuer. Si Lewis Hamilton et Jenson Button se rendent compte au fil de la course qu'ils sortent du cercle des champions du monde en puissance, ils s'accrocheront quand même à l'espoir d'offrir une couronne à leur marque.


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