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Moyen Orient et Monde - Arabie Saoudite

Saoudiennes et femmes d’affaires

Seules 14 % de femmes sont actives sur le marché du travail, dont 83 % dans l'enseignement.
Elles ne peuvent pas conduire ni voyager seules, mais de nombreuses Saoudiennes, souvent jeunes et bien instruites, créent des entreprises avec un sens aigu des affaires et parfois au prix d'une réelle course d'obstacles. « Nous avons brisé un tabou en arrivant à convaincre le ministre du Commerce de ne pas nous imposer un homme comme directeur, comme l'exige la réglementation », affirme Dania Nassif, représentante de cette nouvelle génération de Saoudiennes. Dania Nassif, qui a monté une boîte de production de documentaires pour la télévision, évoque la difficile gestation de son projet. « On a eu du mal à obtenir les autorisations et les licences de production », raconte-elle à l'AFP en marge d'un récent symposium organisé à Djeddah pour les jeunes chefs d'entreprise. Djeddah, grande ville de l'ouest de l'Arabie saoudite sur la mer Rouge, respire un air nettement plus libéral que le reste de ce royaume ultraconservateur et foisonne de projets lancés par de jeunes Saoudiennes.
L'Arabie saoudite, qui pratique un islam rigoriste, prohibe la mixité dans l'espace public comme dans l'enseignement. Une Saoudienne ne peut pas voyager à l'étranger à moins d'être accompagnée par un proche parent. Seules 14 % des femmes saoudiennes sont actives sur le marché du travail, dont 83 % dans l'enseignement, indique Basma Amir, directrice d'un centre de la Chambre de commerce de Djeddah, qui assiste les jeunes chefs d'entreprise. Ce n'est pas seulement l'administration qui ne suit pas le mouvement, mais la société aussi. « Il a fallu au début venir à bout des réticences de nos proches qui considéraient que la production pour la télévision était un métier d'homme », se rappelle Dania Nassif.
Mais Rania Slimani veut croire en un changement dans l'attitude général envers le travail des femmes et plus particulièrement envers les femmes qui créent des entreprises. « L'attitude de la société a changé envers la femme et on sent qu'il y a une volonté de l'aider à créer sa propre entreprise, que ce soit au niveau d'une simplification des démarches administratives ou de l'assistance de la Chambre de commerce », dit-elle.
Après des études aux États-Unis, Mme Slimani a ouvert à Djeddah un salon de beauté à l'issue d'un parcours d'obstacles. Elle défend une plus grande autonomie des femmes, déplorant le fait qu'elles « ne peuvent encore acheter une voiture ou obtenir un prêt bancaire sans l'autorisation du gardien mâle » qui peut être le mari, le père ou le frère. Amani Madhar se débat avec un autre problème avec son académie des arts, « celui de l'acceptation par la société de l'importance des formes artistiques comme la peinture ou la photographie ». Mais elle voit dans le symposium des jeunes chefs d'entreprise une volonté politique d'aider les femmes à se lancer dans le monde des affaires.
C'est ce que confirme Ayman Jamal, directeur du comité des jeunes entrepreneurs à la Chambre de commerce, qui évoque un « bon niveau de soutien ces dernières années aux projets des jeunes, qu'ils soient hommes ou femmes ». « On avait l'impression que la principale difficulté résidait dans le financement, mais on a découvert qu'elle concernait la commercialisation », a-t-il noté.
Elles ne peuvent pas conduire ni voyager seules, mais de nombreuses Saoudiennes, souvent jeunes et bien instruites, créent des entreprises avec un sens aigu des affaires et parfois au prix d'une réelle course d'obstacles. « Nous avons brisé un tabou en arrivant à convaincre le ministre du Commerce de ne pas nous imposer un homme comme directeur, comme l'exige la réglementation », affirme Dania Nassif, représentante de cette nouvelle génération de Saoudiennes. Dania Nassif, qui a monté une boîte de production de documentaires pour la télévision, évoque la difficile gestation de son projet. « On a eu du mal à obtenir les autorisations et les licences de production », raconte-elle à l'AFP en...
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