La déclaration finale du sommet de Montreux a repris les principaux points évoqués ce week-end par les différents chefs d'État, à commencer par la réforme de la gouvernance mondiale. « Nous appelons à une réforme de la gouvernance économique mondiale par le renforcement de la coopération et de la complémentarité entre l'Organisation des Nations unies, cœur de la gouvernance mondiale, et les enceintes économiques, dont le G20 », peut-on lire dans la déclaration. « Nous les invitons à se mobiliser en 2011 sur les mesures à prendre dans les domaines vitaux pour les pays de l'espace francophone : la sécurité alimentaire, les réformes de la régulation financière et du système monétaire international, et la promotion d'une croissance économique mondiale forte, soutenue, durable et inclusive », ajoute l'OIF.
Samedi, le président français, Nicolas Sarkozy, avait fait appel au soutien des pays francophones pour obtenir une réforme du système monétaire international et moins de volatilité sur les marchés des matières premières, deux des priorités de sa future présidence du G20. La création d'un Réseau d'excellence des sciences de l'ingénieur de la francophonie (RESCIF), sous la houlette de l'École polytechnique fédérale de Lausanne, a également été officialisée.
Samedi toujours, les chefs d'État et de gouvernement francophones ont aussi plaidé pour une plus grande place de l'Afrique dans les instances internationales, notamment au Conseil de sécurité des Nations unies. « Est-il normal qu'il n'y ait aucun membre permanent du Conseil de sécurité émanant de l'Afrique ? Un milliard d'habitants ! Dans trente ans, deux milliards d'habitants, qui n'ont pas de représentation permanente ! C'est un scandale ! » a dénoncé M. Sarkozy. Le secrétaire général de la Francophonie, Abdou Diouf, qui a été réélu sans surprise pour un nouveau mandat au cours du sommet, a appelé les dirigeants à faire de l'OIF plus qu'un « agitateur d'idées éclairé ». Il a également prôné « une démocratisation des relations internationales et un multilatéralisme équilibré, qui ne pourra s'accommoder plus longtemps d'une sous-représentation de l'Afrique dans les organes où se prennent les décisions qui la concernent pourtant directement ». L'Afrique, d'où sont issus 27 % des États membres de l'ONU, ne dispose que de trois sièges de membres non permanents au Conseil de sécurité.
Dans son discours d'ouverture, la présidente de la Confédération helvétique, Doris Leuthard, a jugé que la francophonie avait « un rôle à jouer, comme plate-forme du dialogue Nord-Sud » afin de dépasser la logique des groupes régionaux ou politiques.
La sécurité dans la bande sahélo-saharienne et la lutte contre el-Qaëda au Maghreb islamique, qui retient depuis mi-septembre en otages cinq Français, un Malgache et un Togolais dans le nord du Mali, ont également été abordées. Autres sujets au menu, la reconstruction d'Haïti et la question de la langue française, parlée par 220 millions de personnes dans le monde, mais qui connaît un recul dans les instances internationales.
Enfin, le Sommet de la francophonie a admis en son sein cinq nouveaux membres observateurs : la Bosnie-Herzégovine, les Émirats arabes unis, l'Estonie, le Monténégro et la République dominicaine. Le prochain sommet aura lieu à Kinshasa en 2012.


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