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Moyen Orient et Monde - Irak

Fuites de WikiLeaks : la pression monte sur Washington

Deux jours après la diffusion par WikiLeaks de près de 400 000 documents secrets révélant des exactions couvertes ou commises par l'armée américaine, Washington faisait face, hier, à de multiples appels à l'ouverture d'une enquête. « Les gens voudront entendre une réponse à ce qui se trouve être de très, très graves allégations », a notamment déclaré le vice-Premier ministre britannique Nick Clegg.

Lors d’une conférence de presse samedi à Londres, le fondateur du site WikiLeaks, Julian Assange, a déclaré avoir voulu, en diffusant le contenu des quelque 400 000 documents, rétablir « la vérité » sur la guerre en Irak.  Luke MacGregor/Reuters

La pression s'accentuait hier sur les États-Unis après les révélations sur les cas de mauvais traitements couverts ou commis par l'armée américaine lors de la guerre en Irak, contenues dans les quelque 400 000 documents publiés par le site WikiLeaks. « Nous pouvons déplorer la manière dont ces fuites ont eu lieu, mais je pense que la nature des allégations faites est extraordinairement sérieuse », a déclaré le vice-Premier ministre britannique Nick Clegg, hier dans une interview à la télévision BBC One. « Leur lecture est affligeante et elles sont très graves. Je suppose que l'administration américaine voudra fournir sa propre réponse. Il ne nous appartient pas de leur dire comment le faire », a ajouté M. Clegg, connu pour son opposition à l'engagement de Londres dans la guerre en Irak, qu'il avait déjà qualifiée d'« illégal ». « Tout ce qui laisse à penser que des règles de base de la guerre, des conflits et du combat, ont été violées ou que de la torture a pu être de quelque manière que ce soit tolérée est extrêmement grave et doit être examiné », a poursuivi M. Clegg. « Les gens voudront entendre une réponse à ce qui se trouve être de très, très graves allégations, d'une nature que (...) tout le monde trouve très choquante », a-t-il ajouté.
Publiés vendredi dans la nuit sur le site de WikiLeaks, les rapports d'incidents, écrits de janvier 2004 à fin 2009 par des soldats américains, relatent de nombreux cas de torture par les forces irakiennes, ainsi que « plus de 300 cas de torture commis par les forces de la coalition », selon le fondateur du site, Julian Assange. Ce dernier a assuré, samedi lors d'une conférence de presse à Londres, avoir voulu rétablir « la vérité » sur la guerre en Irak, promettant la diffusion prochaine de nouveaux fichiers, cette fois sur l'Afghanistan. Sur al-Jazira, M. Assange a assuré qu'il y avait matière à engager des poursuites pour 40 homicides arbitraires, évoquant des preuves de crimes de guerre.
En France, le quotidien Le Monde, qui a eu accès aux documents, écrit sur son site Internet que ces rapports d'incidents « montrent l'ampleur de la torture dans les commissariats irakiens » et ajoute que l'armée américaine ne pouvait ignorer ces pratiques, mais que ses soldats semblaient impuissants à s'y opposer. « Lorsqu'ils constatent des cas de mauvais traitements de la part des policiers irakiens, les soldats américains sont tenus d'en faire le signalement », poursuit Le Monde, mais l'ouverture d'une enquête n'est pas systématique. « La phrase "Les forces de la coalition n'étant pas impliquées dans ces accusations, une enquête plus poussée n'est pas nécessaire" parsème les rapports sur les sévices infligés par la police, et constitue parfois la première ligne du rapport », ajoute Le Monde. Le New York Times rapporte pour sa part que « si certains cas ont fait l'objet d'investigations menées par des Américains, la plupart des affaires (...) semblent avoir été ignorées ».
Vendredi, la secrétaire d'État américaine Hillary Clinton avait condamné « la diffusion de toute information (...) faisant peser un risque sur la vie des soldats et des civils des États-Unis et de leurs alliés ». Les ministères britannique et australien de la Défense ont également dénoncé un danger pour les troupes sur le terrain. Le rapporteur spécial de l'ONU sur la torture, Manfred Nowak, a néanmoins appelé le président américain Barack Obama à lancer une enquête. Amnesty International a elle aussi appelé Washington à lancer une enquête, évoquant « une grave violation du droit international ».
Washington a cependant opposé une fin de non-recevoir à ces appels. Interrogé par la BBC, le porte-parole de l'armée américaine, le colonel Dave Lapan, a dit n'avoir pas l'intention d'ouvrir une enquête, affirmant que, en matière de mauvais traitements par des Irakiens, le rôle des soldats américains étaient « d'observer et d'établir un rapport » à leurs supérieurs chargés de le transmettre aux autorités irakiennes.
Le site WikiLeaks, qui opère notamment depuis la Suède où la législation est particulièrement favorable au respect du secret des sources, permet la diffusion sécurisée de documents confidentiels communiqués par des « lanceurs d'alerte » dont l'anonymat est protégé. En juillet, le site avait rendu publics plus de 70 000 documents liés à la guerre en Afghanistan et provoqué un débat sur le risque que cette diffusion faisait courir aux soldats américains et à leurs alliés et informateurs afghans.
La pression s'accentuait hier sur les États-Unis après les révélations sur les cas de mauvais traitements couverts ou commis par l'armée américaine lors de la guerre en Irak, contenues dans les quelque 400 000 documents publiés par le site WikiLeaks. « Nous pouvons déplorer la manière dont ces fuites ont eu lieu, mais je pense que la nature des allégations faites est extraordinairement sérieuse », a déclaré le vice-Premier ministre britannique Nick Clegg, hier dans une interview à la télévision BBC One. « Leur lecture est affligeante et elles sont très graves. Je suppose que l'administration américaine voudra fournir sa propre réponse. Il ne nous appartient pas de leur...
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