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Moyen Orient et Monde - Golfe

À Bahreïn, les chiites font campagne dans le style du Hezbollah

Des portraits de Hassan Nasrallah sont exposés dans des quartiers de Manama ou sa proche banlieue à forte concentration chiite.

Une femme chiite participant à un rassemblement organisé par le Wefaq, principal groupe d’opposition à Bahreïn. Marwan Naamani/AFP

Slogans chiites, chants patriotiques, service d'ordre structuré : le Wefaq, principal groupe d'opposition chiite à Bahreïn, a mené sa campagne pour les élections législatives prévues aujourd'hui dans ce petit royaume du Golfe dans le style du Hezbollah.
Rassemblés sur une place de la banlieue ouest de Manama, quelque 3 000 partisans du Wefaq accueillent par des slogans religieux leur chef, cheikh Ali Salmane, venu clôturer la campagne des 18 candidats de son groupe, en lice contre 109 autres candidats de divers horizons pour les 35 sièges de la Chambre des députés. Haranguée par les orateurs, la foule - hommes et femmes placés séparément sur des rangées de chaises bien disposées - répond en chœur par des slogans louant les dignitaires chiites ou saluant la mémoire de Hussein, troisième imam du chiisme.
L'auditoire s'enflamme dès que cheikh Salmane, un jeune dignitaire religieux, énumère ses griefs contre le régime sunnite, accusé de discrimination à l'égard des chiites.
Il affirme notamment que le pouvoir, par une politique de naturalisation, tente de changer la composition démographique de la population à Bahreïn, actuellement à majorité chiite. « Il est inadmissible que le pouvoir soit le monopole d'une seule famille », celle des al-Khalifa qui règne sur Bahreïn depuis 1783, ajoute cheikh Salmane, longuement applaudi par la foule, debout et poing levé en signe de victoire.
La scène est comparable à celles qu'offrent les meetings populaires du Hezbollah, principal allié arabe de l'Iran, dans la banlieue sud de Beyrouth. Un rapprochement source d'inquiétudes pour les autorités, qui soupçonnent l'Iran, chef de file du chiisme, d'alimenter la tension confessionnelle dans le Golfe.
Un portrait géant de cheikh Ali Salmane trône sur la façade d'un immeuble face à la tribune, sur laquelle flottent une bannière du Wefaq et un drapeau rouge et blanc de Bahreïn.
Le drapeau national est fortement présent, une manière d'adresser un message à ceux qui soupçonnent les chiites bahreïnis d'être plus loyaux à l'Iran qu'à leur pays. « La loyauté des chiites de Bahreïn va à leur patrie, Bahreïn, comme cela a été dans le passé et le sera à l'avenir », a affirmé le chef du Wefaq dans un entretien mercredi avec l'AFP. D'ailleurs, a-t-il ajouté, le Wefaq a témoigné de cette loyauté dans son slogan électoral, largement diffusé : « Notre pays, nous le défendons. » Mais des portraits de Hassan Nasrallah, secrétaire général du Hezbollah, sont présents dans des quartiers de Manama ou sa proche banlieue à forte concentration chiite.
Le Wefaq a enjoint à ses partisans de donner leurs voix exclusivement à ses candidats pour, affirme-t-il, rester fidèles aux ulémas chiites. Soucieux d'assurer une bonne couverture médiatique du rassemblement, les organisateurs ont mis à la disposition des journalistes des ordinateurs, des liaisons Internet, un dossier de presse, mais aussi un disque compact contenant le discours qu'a prononcé le chef du Wefaq.
Si ce petit groupe politique de création récente (2002) montre un sens aigu de l'organisation, il reste évasif lorsqu'il s'agit de son financement. « Nous vivons sur nos moyens propres et sur les dons des partisans », répondent invariablement ses responsables.
La campagne électorale a pris fin jeudi soir, et le scrutin auquel sont invités quelque 318 000 électeurs se déroule aujourd'hui à Bahreïn, seule monarchie du Golfe à abriter une majorité chiite.
Slogans chiites, chants patriotiques, service d'ordre structuré : le Wefaq, principal groupe d'opposition chiite à Bahreïn, a mené sa campagne pour les élections législatives prévues aujourd'hui dans ce petit royaume du Golfe dans le style du Hezbollah.Rassemblés sur une place de la banlieue ouest de Manama, quelque 3 000 partisans du Wefaq accueillent par des slogans religieux leur chef, cheikh Ali Salmane, venu clôturer la campagne des 18 candidats de son groupe, en lice contre 109 autres candidats de divers horizons pour les 35 sièges de la Chambre des députés. Haranguée par les orateurs, la foule - hommes et femmes placés séparément sur des rangées de chaises bien disposées - répond en...
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