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Moyen Orient et Monde - Éclairage

Xi Jinping, le futur numéro un chinois, reste une énigme

Le successeur probable de Hu Jintao pourrait avoir du mal à imprimer sa marque aux premiers temps de son règne.

Xi Jinping est réputé favorable aux réformes économiques, mais les Chinois ne connaissent de lui qu’un personnage peu charismatique. Sergei Karpukhin/Reuters

Xi Jinping, probable futur numéro un chinois, est réputé favorable aux réformes économiques, mais les analystes disposent de peu d'indications sur la manière dont il régnera sur le pays le plus peuplé du monde dans une période-clé. Ils s'accordent toutefois sur le fait que la fragilité de la base politique sur laquelle M. Xi entamera son mandat pourrait l'empêcher, pendant un temps au moins, d'imprimer une marque profonde.
À 57 ans, M. Xi a été nommé vice-président de la Commission militaire centrale, ce qui le destine à remplacer l'actuel chef de l'État et du parti, Hu Jintao, en 2013. Fils d'un héros révolutionnaire, il fait partie des « princes rouges » qui occupent des postes importants et il est considéré comme favorable à l'ouverture économique après ses années passées comme chef du PC de Shanghai et des provinces dynamiques du Zhejiang et du Fujian. « Il est très favorable à l'économie de marché et il est hautement probable qu'il parlera au nom de la classe moyenne et du secteur privé et avec les monopoles d'État », dit Cheng Li, de la Brookings Institution à Washington. Mais pour ce qui est de ses opinions politiques et ses compétences de dirigeant, tout est « très peu clair ».
La transition, qui devrait voir aussi le départ du Premier ministre Wen Jiabao, et son remplacement par le vice-Premier ministre Li Keqiang, approche alors que des voix s'élèvent, y compris au sein du PC, en faveur de réformes politiques en Chine. L'attribution du prix Nobel de la paix au dissident Liu Xiaobo a renforcé les appels à une démocratisation. « Nous entrons dans une période très, très intéressante », dit M. Li. « Au final, les compétences en matière de leadership de Xi seront mises à l'épreuve » de même que sa capacité à gérer « toutes ces forces différentes ».
Pour l'instant, les Chinois ne connaissent de Xi que ce personnage peu charismatique, qui accompagne souvent le président Hu, et qui est l'époux d'une chanteuse très connue. Mais pour les sinologues, c'est un conservateur qui ne changera pas le cap, surtout dans un pays où les grandes décisions sont prises collectivement par les neuf membres du comité permanent du bureau politique. Son pedigree, et son expérience des affaires militaires, auraient favorisé un compromis sur son nom entre Hu Jintao et son prédécesseur Jiang Zemin. M. Xi, issu de la fraction de Shanghai dans le sillage de Jiang, est également à la tête de l'École du parti, une institution très conservatrice. « À juger d'après le peu qu'on a vu de lui, on ne devrait pas attendre quoi que ce soit de novateur, ou en rupture avec le système rigide actuel. Il maintiendra probablement le statu quo », dit Sun Wenguang, professeur dissident à la retraite.
Ses mandats à la tête de Shanghai, du Fujian et du Zhejiang - fers de lance d'une croissance chinoise axée sur les exportations et de l'ouverture économique - lui ont apporté de nombreux contacts avec les investisseurs étrangers, relève Willy Lam, analyste à l'Université chinoise de Hong Kong. Ceci « pourrait le pousser à mettre un frein aux récentes initiatives considérées comme restrictives pour les entreprises étrangères en Chine », dit-il. Mais M. Xi va être handicapé car il accédera au pouvoir avec la plus faible base pour un dirigeant communiste chinois. « Il passera son premier mandat (de cinq ans) à consolider sa base », prédit Willy Lam. « Quelles que soient les opinions marquées que (Xi) pourrait avoir sur l'économie ou dans d'autres domaines, il ne pourra probablement pas les traduire en acte avant son deuxième mandat. »
Des années où les défis à relever pour la Chine seront nombreux : nécessité ou non pour le PC de s'ouvrir, maintien d'une croissance forte mais mieux équilibrée et responsabilités de la Chine dans le monde.
Xi Jinping, probable futur numéro un chinois, est réputé favorable aux réformes économiques, mais les analystes disposent de peu d'indications sur la manière dont il régnera sur le pays le plus peuplé du monde dans une période-clé. Ils s'accordent toutefois sur le fait que la fragilité de la base politique sur laquelle M. Xi entamera son mandat pourrait l'empêcher, pendant un temps au moins, d'imprimer une marque profonde.À 57 ans, M. Xi a été nommé vice-président de la Commission militaire centrale, ce qui le destine à remplacer l'actuel chef de l'État et du parti, Hu Jintao, en 2013. Fils d'un héros révolutionnaire, il fait partie des « princes rouges » qui occupent des...
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