Steve Ballmer, directeur général de Microsoft, au cours de la présentation du nouveau système.
Vendus en France dès cette semaine, aux États-Unis en novembre, les premiers appareils sous Windows Phone 7 (WP7) ont été fabriqués par les coréens LG et Samsung, le taïwanais HTC et l'américain Dell, avec des écrans «superbeaux», selon Steve Ballmer, directeur général de
Microsoft.
Semblant répondre à son concurrent d'Apple, Steve Jobs, qui ne rate jamais une occasion de vanter la tablette «magique» iPad, M. Ballmer n'a cessé de décrire ses téléphones comme étant
«merveilleux».
Aux États-Unis, les premiers téléphones sous WP7 seront vendus 200 dollars, soit le prix retenu pour la quasi-totalité des «smartphones», à la suite de l'iPhone d'Apple. Dotés d'un écran tactile et pour certains d'un clavier, ils organisent les applications en mosaïque de pavés de couleurs, se mettant à jour automatiquement. Il suffit d'effleurer par exemple le pavé portant le nom d'un contact pour, automatiquement, consulter les messages qu'il a postés sur des réseaux sociaux. En effleurant le pavé eBay, on est immédiatement informé de l'état d'une vente aux enchères sur laquelle on est acheteur.
Les appareils sont harmonisés avec les autres produits Microsoft, comme la suite professionnelle Office, mais aussi le baladeur Zune et son «Pass» pour accéder immédiatement à un vaste catalogue de chansons, ainsi que la console Xbox.
Visant une clientèle grand public et plus seulement professionnelle, Microsoft a annoncé que l'éditeur de jeux vidéos Electronic Arts proposerait une version de son jeu Sims 3 pour ces téléphones.
Pour William Stofega, analyste chez IDC, c'est «un système séduisant», qui marque «une vraie rupture» avec le passé.
Certains toutefois doutent que ces innovations suffisent à Microsoft pour s'imposer sur le marché des smartphones. Il y a près de deux ans, Palm avait présenté son Pre, doté d'un système d'exploitation original, unanimement salué, qui s'est révélé un échec
commercial.
Le mois dernier, le cabinet Gartner prévoyait que le système Microsoft pour téléphones portables, après avoir reculé de 8,7% à 4,7% de part de marché entre 2009 et 2010, ne remonterait qu'à 5,2% en 2011 avant de rechuter à 3,9% en 2014.
Mais pour M. Stofega, avec Windows Phone 7 «il y a une différence assez attrayante pour que (les appareils) soient intéressants». En outre, c'est un système clé en main pour les fabricants, ce qui promet une performance bien plus homogène que parmi les appareils sous Android par exemple.
Enfin, Microsoft est un titan jouissant d'une énorme force de frappe. Ses appareils déferleront avant les fêtes chez 60 opérateurs dans trente pays. La semaine dernière, l'analyste Adam Holt, chez Morgan Stanley, tablait sur des dépenses marketing de 300 à 400 millions de dollars en 2011 pour pousser le nouveau système.
Microsoft estime lui que le marché des «smartphones» étant loin d'être saturé, «les choses ne sont pas figées» et qu'il est encore possible de bousculer l'ordre établi.


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