Le directeur général d’Enel, Fulvio Conti, a vanté les perspectives prometteuses d’Enel Green Power. Olivier Morin/AFP
Enel Green Power étant valorisée entre 9 et 10,5 milliards d'euros - le prix de l'action ayant été fixé entre 1,8 et 2,1 euros -, son introduction en Bourse sera la plus importante en Europe depuis celle de l'espagnol Iberdrola Renovables fin 2007.
« Nous avons démarré ce matin un parcours qui doit nous amener à un succès en termes de confiance des marchés », a assuré le directeur général d'Enel, Fulvio Conti.
L'opération, qui a démarré lundi, s'achèvera le 29 octobre en vue d'une cotation d'Enel Green Power à Milan et à Madrid le 4 novembre. 85 % des titres sont réservés aux investisseurs institutionnels et 15 % aux particuliers.
Enel cédera jusqu'à 32,5 % du capital si l'option de surallocation, qui consiste à proposer plus de titres qu'initialement prévu en cas de forte demande, est intégralement souscrite. M. Conti a exclu de céder dans l'avenir une part supplémentaire.
L'issue de l'offre sera surveillée de près par les investisseurs, alors que depuis 2008, la crise a stoppé net plusieurs projets d'entrée en Bourse.
Devant la presse, M. Conti a vanté les perspectives prometteuses d'Enel Green Power, numéro deux du secteur en termes de capacité installée derrière l'espanol Iberdrola Renovables. « Nous présentons un leader dans le secteur des renouvelables (...) avec des perspectives de résultats (...) de plus en plus croissants au cours des années, indépendamment des cycles économiques », a-t-il déclaré.
Les analystes estiment cependant que le secteur ne retrouvera pas ses niveaux de croissance d'avant la crise notamment en raison de la réduction des aides gouvernementales.
Mais selon M. Conti, Enel Green Power dispose d'un « mix de production parmi les plus efficients du secteur » et ne dépend des aides publiques que pour « moins de 30 % » de ses revenus.
La capacité installée d'Enel Green Power est basée pour 44 % sur l'hydroélectricité, 41 % sur l'éolien et 13 % sur la géothermie. Le groupe compte se renforcer dans le solaire qui représente pour l'heure une part résiduelle.
Présent dans 16 pays, Enel Green Power a une capacité installée de plus de 5,7 gigawatts qu'il compte faire passer à 9,2 GW en 2014 en investissant plus de 5 milliards d'euros.
Sur le plan financier, son bénéfice net a progressé de 13,4 % à 253 millions d'euros au premier semestre tandis que son résultat brut d'exploitation (Ebitda) est resté stable à 651 millions d'euros et que son chiffre d'affaires a augmenté de 10,5 % à 1,039 milliard.
Selon les objectifs affichés en mars, l'Ebitda devrait progresser à 2,1 milliards en 2014 contre 1,2 milliard en 2009.
Grâce à cette introduction en Bourse, Enel lèvera jusqu'à 3,4 milliards d'euros, de l'argent frais destiné à réduire sa dette qui a explosé avec la prise de contrôle l'an dernier de l'espagnol Endesa. Son objectif est de faire reculer son endettement à 45 milliards fin 2010 contre 50,87 milliards en 2009.
Afin d'attirer les investisseurs, Enel Green Power a promis une politique de dividende généreuse avec un taux de distribution de 30 %. Une action gratuite pour 20 actions détenues sera aussi offerte aux investisseurs qui conserveront leurs titres pendant un an.

