Cette croissance soutenue devrait se poursuivre en 2011, mais dans une moindre mesure, a en outre indiqué le centre de recherche britannique, prévoyant une croissance de 5,8 % l'an prochain.
La reprise régionale constitue l'un des principaux facteurs contribuant à ces taux relativement élevés, a souligné le rapport, rappelant que plus de la moitié du produit intérieur brut (PIB) provenait des investissements et des services exportés à l'étranger, fortement tributaires de l'évolution de la demande externe.
Même si les estimations de croissance formulées par l'EIU sont en-dessous du taux annuel enregistré en 2007-2008, elles demeurent largement supérieures à la moyenne prévue à long terme, a ajouté le rapport.
L'EIU a toutefois souligné que le potentiel de croissance du pays était limité par un contexte politique incertain, couplé à un coût élevé de financement du secteur privé (étant donné que les banques libanaises accordent une bonne partie de leurs prêts au gouvernement).
Sur le plan sectoriel, les secteurs touristique, bancaire et immobilier continueront à constituer les principaux moteurs de croissance, a par ailleurs indiqué le rapport, affirmant que la forte performance de ces secteurs est la raison principale de la solide performance économique du pays, observée en 2009. Le nombre de touristes a effectivement augmenté de manière significative au cours de cette même année, à 1,9 million de visiteurs, a rappelé l'EIU, et les données pour 2010 prévoient d'ores et déjà un nouveau pic de croissance. Le tourisme pourrait à terme contribuer à soutenir indirectement plus d'un quart des emplois au sein du pays, a ajouté à cet égard l'EIU.
Quant au secteur bancaire, que le centre de recherche a qualifié de « vital » pour l'économie locale, il continue de réaliser de solides performances grâce, entre autres, aux importants flux de capitaux aux revenus générés par les taux d'intérêt sur la dette publique.
Le déficit devrait se contracter avant d'augmenter en 2011
Par ailleurs, le déficit budgétaire devrait demeurer important, a souligné l'EIU, ce qui pourrait se répercuter négativement sur le service de la dette qui représente près du tiers des dépenses du gouvernement.
Le rapport a précisé à cet égard que le déficit public s'est légèrement creusé, en valeur absolue, en 2009 (3 milliards de dollars), reculant toutefois en termes relatifs à 9 % du PIB. Cette contraction devrait se poursuivre en 2010, a ajouté le rapport, favorisée par les atermoiements relatifs au budget 2010, qui ont retardé certaines dépenses, et à une hausse des recettes fiscales en raison de la conjoncture économique positive. Le déficit devrait ainsi s'élever à 5,4 % du PIB cette année, selon l'EIU.
En 2011, les dépenses sans cesse repoussées devront avoir lieu alors qu'en parallèle la croissance des revenus devrait ralentir, a toutefois estimé l'EIU, ce qui devrait mener à une nouvelle augmentation, en termes relatifs, du déficit public, à 8,6 % du PIB.
Enfin, au sujet du poids de la dette, l'EIU a écarté la possibilité d'une réédition du scénario grec au Liban, même si les deux pays possèdent un déficit structurel similaire et un ratio élevé de la dette au PIB.

