Rechercher
Rechercher

Moyen Orient et Monde - Chili

La fin du calvaire pour les 33 mineurs

Sous les regards du monde entier, fasciné par une histoire de sauvetage sans précédent qui inspire déjà des réalisateurs de cinéma, les « 33 » remontaient hier un à un à la surface. Ils étaient restés bloqués 69 jours au fond d’une mine à San José et ont été accueillis en héros par leurs familles. Le rythme plus rapide que prévu du sauvetage laissait entrevoir la fin de l’opération dans le courant de la nuit.

La joie et l’émotion mêlées sont à leur comble pour le retour sur terre des mineurs bloqués depuis plus de deux mois au Chili. Martin Bernetti/AFP

À genoux pour prier ou le poing levé en signe de victoire, les mineurs bloqués depuis plus de deux mois au Chili continuaient un par un à retrouver la lumière hier, accueillis en héros par leur famille et le monde entier fasciné par un sauvetage sans accroc.
Plus de la moitié des « 33 » étaient revenus à la surface, à l'heure de mettre sous presse. Ce qui laissait prévoir la fin de cette opération sans précédent dans le cours de la nuit. En début d'après-midi, le ministre des Mines a confirmé cet espoir en déclarant que le sauvetage des mineurs pourrait être terminé « en fin de journée ». Le premier secouru peu après minuit mardi, Florencio Avalos, 31 ans, a serré dans ses bras son enfant de sept ans, Byron, puis son épouse Monica. Il a donné une accolade à la Première dame chilienne, Cecilia Morel, et au président Sebastian Pinera, qui a salué dans le sauvetage une opération « sans comparaison dans l'histoire de l'humanité ».
Chaque fois qu'un homme est sorti de la mine, après 622 mètres de remontée dans une étroite nacelle, des cris de joie et des applaudissements ont éclaté dans le « camp Espoir », où leurs parents et proches attendaient les mineurs depuis le lendemain de l'accident qui les a piégés au fond de la mine le 5 août. « J'étais très angoissée, mais maintenant je suis heureuse, j'ai complètement changé d'état d'esprit », a raconté Rossana Gomez, fille du doyen des « 33 », Mario Gomez, 63 ans et apparemment en pleine forme malgré ses problèmes pulmonaires. « J'ai changé, je suis un homme différent », a-t-il lancé au président Pinera, venu l'accueillir avec son homologue bolivien, Evo Morales. « Au nom du gouvernement bolivien, je ne sais comment payer notre dette pour ces efforts », a déclaré M. Morales, venu rencontrer son compatriote Carlos Mamani, le seul étranger des « 33 ».
Le président américain, Barack Obama, le chef de l'État brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, le gouvernement français et beaucoup d'autres ont salué ce sauvetage. La santé des mineurs secourus est « assez bonne », a estimé le ministre de la Santé Jaime Manalich. « Les choses vont extraordinairement bien jusque-là (...) même mieux que prévu », a-t-il ajouté.
Le plus expansif des « 33 » a été le deuxième, Mario Sepulveda, 39 ans, qui a sauté comme un cabri et déclenché l'hilarité du président et du ministre des Mines en distribuant de petites roches brillantes venues du fond de la mine. « J'ai été avec Dieu, et avec le Diable. Je me suis bagarré avec eux », a raconté Mario Sepulveda, aux côtés de sa femme Katty et de ses deux enfants, dans un bref monologue devant une caméra diffusé sur la télévision publique chilienne. Le mineur, les yeux protégés par des lunettes spéciales après plus de deux mois de pénombre, a demandé qu'on ne les traite pas « comme des artistes ou des journalistes, s'il vous plaît. Je veux qu'on me traite comme un mineur ».
Les autres hommes, dont le benjamin du groupe Jimmy Sanchez, 19 ans, sont ensuite sortis des entrailles de la terre à bord de la capsule aux couleurs du drapeau chilien, baptisée Phénix en référence à la renaissance des mineurs. « Merci d'avoir cru que nous étions vivants », a lancé le douzième, Edison Pena, au président Pinera.
Aux abords de la mine, la cohue médiatique a battu son plein au moment de la sortie du premier mineur, avec des scènes de pugilat poussant le père de Florencio Avalos à battre en retraite vers la cantine du camp. Elle a ensuite baissé en intensité, permettant aux familles de savourer ces instants uniques. « C'était très émouvant. J'étais très nerveux. Mais il est vivant et c'est ce que je voulais », a déclaré Carlos Galleguillos, frère de Jorge Galleguillos. Après l'accident, les familles ont vécu 17 jours d'angoisse jusqu'à ce qu'une sonde remonte le 22 août un message griffonné sur un bout de papier, désormais célèbre : « Nous allons bien, les 33, dans le refuge. »
Après les premières embrassades, les mineurs ont été placés sur des brancards, puis auscultés dans un hôpital de campagne sur place. Ils étaient ensuite transférés par hélicoptère vers l'hôpital de Copiapo, à 50 kilomètres, pour 48 heures d'examens médicaux. Le dernier à sortir devrait être le « capitaine » du groupe, le chef de quart Luis Urzua, 54 ans.
Outre 800 proches et parents, plus de 2 000 journalistes ont accouru pour le « happy end » de cette saga souterraine sans précédent qui a fait hier la une des médias du monde entier. En deux mois, les « 33 » sont devenus des vedettes planétaires, recevant des maillots dédicacés de stars du football, des chapelets bénis par le pape Benoît XVI, des iPods offerts par le patron d'Apple, Steve Jobs, pour les aider à tenir pendant leur épreuve, qui inspire déjà des réalisateurs de cinéma.
À genoux pour prier ou le poing levé en signe de victoire, les mineurs bloqués depuis plus de deux mois au Chili continuaient un par un à retrouver la lumière hier, accueillis en héros par leur famille et le monde entier fasciné par un sauvetage sans accroc.Plus de la moitié des « 33 » étaient revenus à la surface, à l'heure de mettre sous presse. Ce qui laissait prévoir la fin de cette opération sans précédent dans le cours de la nuit. En début d'après-midi, le ministre des Mines a confirmé cet espoir en déclarant que le sauvetage des mineurs pourrait être terminé « en fin de journée ». Le premier secouru peu après minuit mardi,...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut