L'excédent commercial s'est inscrit en septembre à 16,88 milliards de dollars, son plus faible niveau depuis avril, et en diminution de 15,7 % par rapport à août, ont rapporté les douanes chinoises.
En effet, les exportations ont progressé en septembre de 25,1 % sur un an à 144,99 milliards de dollars, tandis que les importations ont augmenté de 24,1 % pour atteindre 128,11 milliards de dollars, leur plus haut niveau historique mensuel.
Ces chiffres sont publiés alors que le yuan continue sa lente ascension face au dollar américain. Mercredi, le cours pivot fixé par la Banque centrale a atteint un nouveau record à 6,6693 yuans pour un billet vert.
Sous la pression de ses principaux partenaires commerciaux, la Chine a réintroduit en juin une toute petite marge de fluctuation du yuan, mais la monnaie chinoise ne s'est depuis appréciée que d'un peu plus de 2 % par rapport au dollar.
Malgré la progression des importations, les statistiques des échanges extérieurs de la Chine ne devraient pas être de nature à apaiser ceux qui, aux États-Unis et en Europe, demandent une appréciation plus rapide du yuan.
Plusieurs responsables chinois, dont le Premier ministre chinois Wen Jiabao, ont récemment rejeté tout relèvement brutal du cours de la monnaie chinoise, qui pourrait se traduire par des fermetures d'usines et une explosion du chômage en Chine.
Aux États-Unis, un projet de la loi adopté par la Chambre des représentants prévoit, s'il est voté par le Sénat et signé par le président Barack Obama, des droits de douane punitifs contre les produits chinois aux États-Unis si Pékin ne réévalue pas drastiquement sa monnaie.
« Je pense que la pression va toujours être là », a déclaré à l'AFP Brian Jackson, économiste de la Royal Bank of Canada basé à Hong Kong.
« Le fait que les exportations sont toujours aussi fortes invite à penser que les Chinois ont encore beaucoup de marge de manœuvre sur leur monnaie », selon lui.
En dépit du ralentissement de la croissance à la fois des exportations et des importations, les chiffres du commerce chinois « n'arrêteront pas les appels pour une plus forte appréciation » du yuan, estime également Ken Peng, un économiste de Citigroup basé à Hong Kong.
Ce ralentissement est « dû à une augmentation rapide de la base de comparaison », le commerce ayant connu un rebond rapide fin 2009 après le creux de la crise financière, relève Lu Ting, économiste chez Bank of America - Merrill Lynch à Hong Kong. « La croissance des importations et des exportations devrait tomber autour de 15 % au quatrième trimestre 2010 et entre 10 % et 15 % début 2011 », prédit cet analyste.
Une analyse plus détaillée des chiffres du commerce extérieur, qui a progressé de 37,9 % au cours des neuf premiers mois de l'année, révèle une dépendance de moins en moins grande de la Chine vis-à-vis des produits manufacturés destinés spécialement à l'exportation, avec des matières premières importées sans droits de douane.
Ce type d'exportations, qui a commencé à se développer à partir des zones économiques spéciales à partir des années 1980, croît désormais moins que l'ensemble des échanges extérieurs chinois.
Cette évolution « va être une tendance majeure en Chine alors que le coût du travail non qualifié augmente. L'excédent commercial pourrait se réduire dans les années à venir », estime Lu Ting.


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