Une vue du défilé militaire. Photos MarwanAssaf
Dans le discours qu'il a prononcé pour l'occasion, M. Gafo a rappelé que les Espagnols célèbrent aujourd'hui aussi le bicentenaire de l'indépendance des nations latino-américaines « qui, au XIXe siècle, ont initié leur devenir politique indépendamment de la Couronne d'Espagne ». « Ainsi, a-t-il dit, je voudrais que cette fête nationale soit aussi la fête de tous les États frères d'Amérique latine. En dehors des relations politiques, économiques et sociales renouvelées entre l'Espagne et ces pays, le patrimoine commun le plus important que cette entreprise historique nous a légué c'est la langue, et avec elle, l'accès à un immense flot littéraire, artistique et d'entente entre nos peuples. »
Dans ce cadre, l'ambassadeur a rappelé que « l'enseignement de l'espagnol et la diffusion de notre culture sont aussi des aspects essentiels de l'action de l'Espagne au Liban. Plus de 3 000 Libanais étudient en ce moment la langue espagnole à l'Institut Cervantès à Beyrouth, Jounieh, Tripoli et au Sud et il existe une énorme communauté de Libanais résidant dans les pays d'expression hispanique, qui parle et s'exprime dans notre propre langue et qui a enrichi nos sociétés avec ses contributions ».
« Je ne veux pas manquer de signaler, en particulier, le prix Nobel octroyé cette année à l'écrivain péruvien, naturalisé espagnol, Mario Vargas Llosa, mais aussi le prix de la Fondation "Príncipe de Asturias", qui sera remis par le prince des Asturies à l'écrivain libanais Amin Maalouf, le 22 octobre, à Oviedo », a ajouté M. Gafo.
Après avoir rappelé « le rôle actif » joué par son pays dans la région du Moyen-Orient, notamment « dans la quête d'une paix juste, viable et globale », il a indiqué que l'Espagne maintient des liens d'amitié et de coopération avec tous les pays de la région et continue à travailler pour la réalisation de cette paix à partir d'une optique équilibrée, nuancée, enrichie par sa relation historique et spéciale et par son affinité avec leurs peuples ainsi que par sa profonde connaissance de la réalité de cette région du monde. Selon lui, « un des éléments de cette paix doit être la reconnaissance du droit au retour des réfugiés palestiniens et dans le cas du Liban, aucune décision sur leur implantation et leur destin ne devrait être prise aux dépens de la volonté du peuple libanais ».
Soulignant ensuite la solidité des rapports libano-espagnols, M. Gafo a rappelé que son pays « a toujours été à côté des Libanais dans les moments les plus difficiles de leur histoire récente » et qu'il « continue à coopérer activement dans les secteurs les plus divers comme l'environnement, l'agriculture, l'éducation, la santé, la formation institutionnelle, la prévention des conflits et les droits de l'homme ».
Le diplomate s'est ensuite adressé aux Libanais pour les encourager à surmonter leurs divergences et à accorder la priorité à l'intérêt supérieur du pays. « Je suis conscient que la tâche est longue et ardue. Je n'ignore pas que, en plus, la région est battue par des vents de violence et de changement, et qu'ils ne vont pas s'arrêter demain. Mais cela, loin de vous décourager, doit vous affirmer dans ce projet de vie en commun qui est le Liban. Si votre maison à mille demeures reste divisée sur les choix fondamentaux, elle sera simplement balayée. Au contraire, si vous réussissez à la construire et à la fonder solidement, vous pouvez même constituer encore cet exemple pour la région, pour le monde, dont vos meilleurs esprits ont rêvé. C'est ce pays-là que les amis du Liban aiment et soyez sûrs que l'Espagne se range parmi ces pays amis », a-t-il fait valoir.


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