Rappelons qu'un sit-in avait été organisé dimanche à Mtein, avec la participation du ministre du Tourisme Fadi Abboud, du député Ghassan Moukheiber, du membre du conseil exécutif des Forces libanaises (FL) Eddy Abillamah, du président de « Nature sans frontières » (NSF) Mahmoud Ahmadieh, du président de la municipalité Zouhair Abi Nader, de représentants de différents partis et de nombreux habitants.
M. Abi Nader, tout en reconnaissant que le Haut Conseil des carrières a révoqué la décision d'accorder un permis pour cette carrière à Mtein, a accusé le ministre Rahhal de ne pas tenir ses promesses. Il le soupçonne d'avoir « donné une autorisation orale aux exploitants de poursuivre le travail durant quinze jours et de sortir des quantités de sable du site ». Il s'étend aussi sur le problème du litige sur les terrains publics entre Mtein et Bteghrine.
M. Abboud a affirmé que « l'industrie n'a rien à faire avec la création de cette carrière », rappelant que la région est classée touristique. Il a demandé au ministre de l'Environnement d'agir au plus vite. M. Moukheiber a été encore plus virulent, accusant Rahhal de ne plus répondre à son téléphone et d'avoir pris une décision qui a contredit la décision du Haut Conseil des carrières. M. Abillamah a estimé qu'une telle erreur dans cette région est « inadmissible », et a demandé au ministre de prendre au plus vite la décision de la fermeture du site.
Enfin, M. Ahmadieh a rappelé que le suivi de la fermeture d'une carrière est du ressort du ministère de l'Intérieur, et que les deux ministères doivent donc être tenus pour responsables dans cette affaire.
« Le litige légal et ancien autour des terrains publics entre les villages de Mtein et de Bteghrine n'a rien à voir avec moi, a pour sa part assuré hier le ministre Rahhal. Ne m'incluez pas dans vos polémiques autour des terrains et ne m'utilisez pas comme carburant dans vos conflits. »
Il a expliqué comment il a longuement reçu une délégation de Mtein, présidée par le président du conseil municipal, et comment, convaincu par les arguments, il a œuvré pour faire annuler le permis précédemment accordé. « Pour ce qui est du délai de quinze jours après l'annulation du permis, il s'agit d'un droit légal au propriétaire de la carrière pour régulariser sa situation et transporter les tonnes de sable extraites », a-t-il expliqué.
M. Rahhal a par ailleurs demandé au ministre et au député présents au sit-in, et à travers eux à tous les ministres et députés, « de ne pas m'appeler, ou appeler les autres membres du Haut Conseil des carrières, au téléphone après minuit, afin de faire pression pour obtenir des permis de carrières ». Il a souhaité que « les couloirs du ministère de l'Environnement ne se transforment pas en un endroit pour visites interminables en vue d'obtenir tel ou tel permis ».
La cinglante réponse du ministre de l'Environnement a provoqué une autre du ministre de l'Industrie. « Je ne me souviens pas avoir visité les couloirs du ministère, ni avoir eu l'honneur de demander au ministre Rahhal des permis de carrières, a-t-il rétorqué. Nous aurions tellement aimé qu'il prouve, arguments à l'appui, comment il a accordé un permis à une industrie de seconde catégorie d'extraire du sable, et comment celle-ci a fini par extraire plus de deux cents camions de sable par jour, au haut d'une région considérée comme l'une des plus belles du Liban. »
Et d'ajouter : « Comment la réhabilitation d'une carrière après sa fermeture s'est-elle tranformée en une extraction de sable durant 24 heures ? Les images de la carrière étaient évidentes sur les chaînes de télévision. Où sont passés les stocks destinés à la réhabilitation et qui ont été sortis du site ? »

