Le dictateur nord-coréen, Kim Jong-il (à droite), observe son fils, Kim Jong-un, 27 ans, lors d’une parade militaire organisée à Pyongyang à l’occasion du 65e anniversaire de la création du Parti des travailleurs de Corée, l’unique parti du pays. Pour l’occasion, des télévisions étrangères avaient été invitées. Petar Kujundzic/Reuters
Ce défilé, le plus imposant depuis des années, a permis aux Nord-Coréens d'apercevoir leur futur dirigeant présumé. Des télévisions étrangères avaient été invitées, retransmettant ainsi les images du jeune homme à l'étranger. Selon l'agence sud-coréenne Yonhap, c'est la première fois que Pyongyang autorisait la retransmission en direct des images d'une parade militaire au-delà des frontières. La Corée du Nord a organisé ce défilé pour commémorer le 65e anniversaire de la création du Parti des travailleurs de Corée, l'unique parti du pays, mais Pyongyang semble avoir saisi ce prétexte pour officialiser et célébrer la place de Kim Jong-un en tant que futur dirigeant.
Il s'agit de « montrer
publiquement au monde le prochain dirigeant », estime Paik Hak-soon, chercheur à l'Institut Sejong en Corée du Sud. « Le Nord tente de transmettre l'image de Jong-un en tant que leader d'une nouvelle génération, intéressé par les questions internationales et plus désireux de communiquer avec le monde extérieur », a ajouté l'expert.
Le jeune homme est sorti de l'anonymat fin septembre, promu général quatre étoiles et accédant à des postes haut placés au sein du parti, confirmant ainsi sa mise sur orbite. Une première photo de lui à l'âge adulte a été publiée, dévoilant les traits d'un homme aux joues rondes. La Corée du Nord, qui possède l'arme nucléaire, est la seule dynastie communiste au monde. Kim Jong-il avait lui-même succédé à son père, Kim Il-sung, fondateur de la République de Corée. Un haut responsable nord-coréen avait confirmé vendredi que Kim Jong-un succèderait à son père, après sa mort. Kim Jong-il, 68 ans, victime d'une attaque cérébrale en août 2008, apparaît diminué physiquement. Lors de cette parade, vêtu de son habituelle tunique kaki, le dirigeant a parfois applaudi et salué les troupes de la main droite. Il paraissait boiter de la jambe gauche.
Décès à Séoul du plus célèbre transfuge nord-coréen
Dans un discours, le chef d'état-major Ri Yong-ho a promis d'utiliser l'arme nucléaire pour se défendre « si les impéralistes américains et leurs disciples empiètent un tant soit peu sur la souveraineté et la dignité de notre pays ». L'armée nord-coréenne, forte de 1,19 million de soldats, est l'une des cinq principales armées du monde.
Parallèlement au défilé militaire, des milliers de civils portaient des objets qui semblaient être des bouquets de fleurs de couleurs différentes et les agitaient selon une chorégraphie précise, qui permettait de créer d'immenses tableaux ou slogans. Ces festivités se déroulaient alors qu'à Séoul, le plus célèbre transfuge nord-coréen était retrouvé mort, à son domicile. Hwang Jang-yop, 87 ans, avait été le tuteur de Kim Jong-il, avant de faire défection en 1997 lors d'une visite en Chine. Il vivait sous surveillance policière constante et avait reçu plusieurs menaces de mort. Sa mort serait naturelle, selon les premières constatations.

