Rechercher
Rechercher

Diaspora - Lignée

Le clan Rihani à Washington : le monde présent du philosophe de Fraïké

Il y a Ramzi Rihani, May Rihani, Sarmad Rihani... Un nom de famille qui résonne aujourd'hui à Washington. Qui sont au juste ces personnes qui le portent ? Et leur rapport avec le grand penseur Amine Rihani ?

Les Rihani de Washington aujourd’hui : Ramzi, May et Sarmad.

Tous trois sont les neveux et la nièce du célèbre poète et philosophe libanais Amine Rihani (1876-1940), dont les parents avaient émigré à cette époque aux États-Unis. Frère de ce dernier, leur père s'appelait Albert. Ils vivent actuellement à Washington, pratiquent des activités professionnelles différentes mais se rallient autour d'un même désir : faire le pont culturel entre leur pays d'origine et leur pays d'adoption, à l'instar de leur illustre oncle qui a écrit : « Nous ne sommes pas de l'Est ou de l'Ouest. Il n'existe pas de frontières dans notre souffle. » Et cette idée leur tient à cœur comme le prouvent leurs nombreuses initiatives dans ce sens. Dans cet esprit, ils constituent une sorte de clan qui œuvre, selon ses moyens, pour une présence libanaise sur le sol américain. Et aussi pour que demeure vivant le legs d'Amine Rihani. D'autant plus que ce dernier et son épouse américaine n'ont pas laissé de descendants directs. Nous avons rencontré ce trio ayant fait ses études à l'AUB puis à l'Oregon State University et dont les carrières respectives ont été la cause de leur émigration en 1976. Voici leurs profils.

Ramzi Rihani
Il est à la tête d'une firme nommée « Options For Senior America Corporation » qui offre des services à domicile pour les gens du troisième âge. Ceci pour l'homme d'affaires. Mais on le connaît autant pour ses autres casquettes mises au service de son pays d'origine. Ainsi, le lobbying pour la cause libanaise avec différents groupes est l'une de ses préoccupations effectuées à trois niveaux : auprès de l'administration (Maison-Blanche, Conseil national de sécurité, Pentagone et département d'État), du Congrès (Sénat et Chambre des représentants) et des Think Tanks (Washington Institute, Woodrow Wilson, Brookings Institute). On le retrouve aussi dans les échanges culturels libano-américains.

May Rihani
Elle se distingue dans le secteur éducatif américain où elle occupe un poste de décision. Vice-présidente de l'Academy for Educational Development, elle met au point des programmes pour les ministères de l'Éducation des pays du tiers-monde. Elle est aussi responsable de la gestion du financement (par la USAid, la Banque mondiale et l'Unicef) de ces programmes qui privilégient la formation des écolières du primaire et du secondaire. Elle a été élue en 2008 codirectrice de l'Initiative des Nations unies pour l'éducation des filles, une organisation créée par Kofi Annan.
Sarmad Rihani
C'est un ingénieur qui a élargi ses horizons en s'intégrant dans la pratique américaine de ce métier. Il est le seul Libanais à avoir occupé le poste de vice-président du « Comité US des gouverneurs pour l'Institut national des ingénieurs » et a largement participé à la création du premier prix d'excellence pour les ingénieurs à Washington. Et comme lui aussi a le Liban dans lecœur, il offre chaque année une bourse pour le meilleur étudiant en génie de Notre Dame University à Louayzé où son frère, Amine Albert Rihani, occupe aujourd'hui le poste de vice-président des Affaires académiques et dirige aussi le musée d'Amine Rihani à Fraïké.

« Mon âme au Liban, mon corps à New York »
Ces Rihani se retrouvent très souvent sur le terrain des échanges culturels libano-américains. Dans les années 80, ils avaient mis sur pied une organisation, « Plate-forme internationale », qui avait permis de présenter de célèbres artistes libanais au public américain, notamment Feyrouz et la troupe Caracalla, ainsi que les grands noms de la peinture. Actuellement, May Rihani est impliquée dans l'association « Min Ajl Lubnan », qui travaille à la sauvegarde de l'héritage libanais de Gibran Khalil Gibran et d'Amine Rihani. Ils ne sont pas non plus étrangers aux deux centres établis à Washington : « Amine Rihani Institute » (créé par un comité qui a pour président d'honneur l'émir Talal ben Abdel Aziz) et « Amine Rihani Foundation » (créée par la famille), dont les multiples facettes témoignent de la dimension internationale et de l'intérêt que ne cesse de susciter le legs de ce grand nom de la littérature libanaise. Ses neveux et sa nièce, installés aux États-Unis et qui n'ont nullement coupé le pont avec leur pays natal, aiment se remémorer ce qu'il disait à ce sujet, « mon âme est au Liban et mon corps à New York ».
Rappelons qu'Amine Rihani est le premier Libanais à rédiger des poèmes arabes en vers libres. Il est considéré comme le fondateur de la littérature arabo-américaine. Auteur très prolifique, il écrit à la fois en anglais et en arabe (on connaît de lui vingt-neuf ouvrages en anglais et vingt-six en arabe). Au début du siècle dernier, il avait vécu simultanément la pleine liberté, l'émigration et l'immersion dans ses racines. Installé à New York, il s'était rendu à maintes reprises au Moyen-Orient. Philosophe et poète, il avait été aussi l'un des tout premiers théoriciens du nationalisme arabe. Il convient de se rappeler par ces temps de déchirements son credo ainsi formulé : « Je suis pour la réforme par l'émigration. L'émigration de l'esprit avant la révolution étatique. L'âme et l'esprit doivent être libres avant que l'on n'ait le droit d'être membre d'un gouvernement libre. »

Tous trois sont les neveux et la nièce du célèbre poète et philosophe libanais Amine Rihani (1876-1940), dont les parents avaient émigré à cette époque aux États-Unis. Frère de ce dernier, leur père s'appelait Albert. Ils vivent actuellement à Washington, pratiquent des activités professionnelles différentes mais se rallient autour d'un même désir : faire le pont culturel entre leur pays d'origine et leur pays d'adoption, à l'instar de leur illustre oncle qui a écrit : « Nous ne sommes pas de l'Est ou de l'Ouest. Il n'existe pas de frontières dans notre souffle. » Et cette idée leur tient à cœur comme le prouvent leurs nombreuses initiatives dans ce sens....