Audi Quattro Concept.
Leurs stands sont d'ailleurs jalousement gardés, entourés de barrières transparentes pour éviter les bousculades devant les bolides de luxe, régulièrement polis et nettoyés par des hôtesses pour éviter que la moindre poussière gâche la photo.
Chez Lotus, les journalistes, les photographes et le public devaient faire la queue pour admirer les cinq derniers modèles, aux lignes très sportives et dont le prix de vente devrait varier entre 50 000 et 150 000 euros.
Chez Porsche, « c'est un carton plein », s'enthousiaste une attachée de presse. « Quelqu'un est venu hier pour acheter une Carrera (106 500 euros environ) et je ne savais pas quoi lui dire, on n'en a plus » pour la France.
Succès aussi pour les encore plus chics Jaguar ou Ferrari, que les visiteurs du Salon devront se contenter de regarder de loin. « Pour entrer sur le stand, c'est uniquement sur invitation, pour les clients ou les futurs clients », explique une jeune hôtesse du constructeur italien.
Malgré tout, « c'est ce qui fait le succès du Salon. Rêver et voir des voitures que vous ne verrez jamais fait partie des raisons d'y venir », explique François Roudier, porte-parole du Comité des constructeurs français d'automobiles (CCFA).
« Vous n'entrez pas si facilement dans une concession de Ferrari ou Bentley. C'était déjà le cas dans les années 50, et pourtant on s'achetait une Peugeot ! M. Tout-le-Monde est toujours content de voir ça », rappelle-t-il.
Design fade ?
« Ça », ce sont des limousines de rêve chez Rolls Royce : plus de cinq mètres de long et plus de 2 tonnes pour la Ghost, tout de même capable d'accéler de 0 à 100 km/h en 4,9 secondes. Ou encore des Lamborghini, jouant à fond la carte de la virilité, tout en angles et en puissance, avec un moteur de 570 chevaux.
« Les gens vont au Salon pour rêver, pas pour qu'on leur dire "vous consommez trop, vous émettez trop"... L'avenir est peut-être écologique, mais il est ennuyeux ! » témoigne Silvère Imbert, journaliste à Sport Auto et visiteur du Mondial.
« Les voitures électriques ne font pas rêver les foules pour l'instant » avec un design « pas très séduisant » pour les versions qui vont être commercialisées, estime-t-il.
« Avec les électriques, il faut que les constructeurs fassent un effort sur le design, parce que les gens ont pour l'instant l'impression qu'ils vont devoir conduire un robot ménager ! Surtout qu'on voit le retour de la voiture plaisir, avec des formes plus sensuelles », abonde un analyste du secteur.
Il n'empêche, même le luxe ultrapuissant n'échappe plus à la mode verte et affiche à son tour en vedette des modèles moins polluants. Jaguar propose un prototype électrique CX75, avec quatre moteurs - un dans chaque roue - et une turbine. Porsche ou Ferrari ont eux des versions hybrides de leurs bolides.
« La vitesse n'est plus si cruciale, car toutes les supersportives modernes dépassent les 300 km/h. C'est d'ailleurs une vitesse qu'il est impossible d'atteindre sur un circuit, et a fortiori sur une route normale », admet aussi Stephan Winkelmann, le patron de Lamborghini.
« Aujourd'hui, nous devons résoudre notre problème d'embonpoint », en référence à la lourdeur de ces voitures qui, du coup, émettent plusieurs centaines de grammes de CO2 par kilomètre.

