L'association « Journalistes contre la violence » a publié un communiqué affirmant que « l'unique culpabilité des personnes visées par les mandats d'arrêt est de s'être montrées attachées à l'indépendance du Liban et d'avoir défendu jusqu'au bout sa souveraineté face au régime policier syro-libanais ».
Selon le communiqué, la démarche syrienne entre dans le cadre des « mesures revanchardes contre le peuple libanais qui a renversé le régime policier lors de la révolution du Cèdre ».
L'association Journalistes contre la violence se déclare en outre « surprise de voir le régime syrien recourir à des moyens (le pouvoir judiciaire) qu'il n'a jamais utilisés, car il n'existe pas de pouvoir judiciaire en Syrie ». Elle appelle les autorités libanaises à « assumer la responsabilité de toute agression qui pourrait viser l'une des 33 personnalités inscrites au tableau d'honneur libanais, à convoquer l'ambassadeur de Syrie pour qu'il donne des éclaircissements sur les dessous de cette décision qui viole de manière flagrante les relations libano-syriennes et les accords conclus entre les deux pays et, enfin, à retirer l'ambassadeur du Liban à Damas ».
Le communiqué exhorte en outre « les milliers de Libanais lésés par le régime policier à se mobiliser pour obtenir du Conseil de sécurité une nouvelle résolution dans la lignée des résolutions 1559, 1680 et 1757 ».
De son côté, l'ONG SKeyes (« Samir Kassir eyes ») a condamné plus spécifiquement les poursuites syriennes contre les journalistes inclus dans la liste (10 sur 33).
Le texte dénonce « une tentative de museler les journalistes et de les empêcher de rapporter des informations et d'exprimer leur point de vue ». « Chaque journaliste qui donne son opinion et qui est en quête de la vérité dans l'affaire de l'assassinat de Rafic Hariri et des autres martyrs, en particulier les journalistes parmi eux, est-il devenu un faux témoin ? » s'interroge l'ONG.
Pour elle, les mandats d'arrêt syrien sont « une sorte d'épouvantail brandi face aux médias pour leur faire peur et pour empêcher la presse de remplir son rôle, de s'exprimer, de révéler ce qui est caché et de rapporter les faits ».

