« Depuis hier (dimanche), on m'interroge sur des mandats qui ne nous ont pas été transmis. À mes yeux, sur un plan judiciaire et légal, ces mandats équivalent à zéro », a dit M. Hamadé dans une déclaration au siège du Parlement.
« Nous allons continuer à œuvrer tous ensemble pour tenter de préserver la quiétude à laquelle étaient parvenues les relations officielles entre le Liban et la Syrie. Voilà pourquoi nous n'avons pas l'intention d'entrer dans des polémiques autour de ces mandats, a-t-il ajouté. Je ne souhaite pas ajouter de l'huile sur le feu qui, heureusement, n'est que politique jusqu'ici. »
Soulignant que « ce sont les institutions constitutionnelles qui sont habilitées à traiter cette affaire », le député du Chouf a rappelé que sa position à l'égard du Tribunal spécial pour le Liban est « tranchée » depuis 2006. « À l'époque, j'aidais l'un des pôles de la conférence du dialogue et nous avions obtenu l'unanimité autour du tribunal », a-t-il souligné.
« Personne de notre camp n'a jamais accusé le Hezbollah d'être impliqué dans les crimes perpétrés. Je suis étonné par ces campagnes par anticipation sur un acte d'accusation dont on ne connaît pas un traître mot. Tout ce qui a été dit se fonde sur des articles de presse. La question qui se pose est de savoir quel était le but de ces articles ? S'agissait-il d'accuser une partie pour innocenter une autre ou bien autre chose encore ? » a-t-il demandé.
Interrogé d'autre part par la LBCI sur ses rapports actuels avec le chef du PSP, Walid Joumblatt, M. Hamadé a dit : « Mes relations avec Walid Joumblatt remontent à quarante ans. Elles ont traversé des épreuves plus difficiles que ce qui se passe ces jours-ci, et, malgré cela, elles sont sorties indemnes. » « Je suis avec le TSL et avec son financement et je rejette toute anticipation », a-t-il assuré.
De son côté, l'ancien député Élias Atallah, lui aussi visé par un mandat d'arrêt syrien, a estimé que la décision syrienne « n'a aucun rapport avec la loi et la justice ». « Cette décision est d'ordre politique et vient remettre en question des efforts libanais (pour améliorer l'état des relations bilatérales). Nous voici donc revenus au point zéro », a-t-il souligné.
Pour M. Atallah, l'objectif de Damas est de « s'ingérer dans les affaires libanaises, nuire au prestige de l'État et de ses institutions, menacer les composantes du 14 Mars et un certain nombre de responsables politiques, judiciaires, sécuritaires et médiatiques ».
« C'est une attitude agressive qu'il convient de traiter comme telle », a-t-il dit, réclamant des autorités « une position adéquate face à cette agression ».
Enfin, interrogé par l'agence al-Markaziya, l'ancien ministre de la Justice Charles Rizk, également sur la liste des 33, s'est refusé à commenter la décision syrienne. « Comment pourrais-je commenter quelque chose dont je n'ai pas pris connaissance jusqu'ici ? a-t-il dit. Ce pourrait être une bonne comme une mauvaise décision. Je dirai mon opinion quand j'aurai pris connaissance de la teneur de ces mandats », a-t-il ajouté.

