Laurent Jalabert, pour son deuxième Mondial à la tête de l'équipe de France, a cependant enregistré de réelles satisfactions. Au-delà de la seule 10e place de Romain Feillu, le meilleur résultat depuis la médaille de bronze d'Anthony Geslin en 2005.
Des néophytes prometteurs :
Deux des débutants du groupe, Cyril Gautier et Yoann Offredo, ont abordé le dernier tour dans le groupe de tête limité à 40 coureurs. Le premier s'est dévoué sans arrière-pensée pour Feillu, le second a fini par plafonner après avoir beaucoup donné auparavant.
Avec ces deux jeunes talents de 23 ans, déjà remarqués sur d'autres terrains (classiques ardennaises pour Gautier, Milan-Sanremo pour Offredo), la France tient deux attaquants de tempérament, deux coureurs d'avenir pour les grandes épreuves d'une journée, type championnat du monde, deux piliers sans doute des futures équipes de France.
Un routier-sprinteur complet :
« Romain peut passer les bosses », avait prévenu Jalabert, confiant dans son coureur le plus rapide. Les faits lui ont donné raison. Alors que d'autres sprinteurs (Greipel, Farrar et, en premier lieu, Cavendish) finissaient par s'étouffer au fil des tours sur les pourcentages du parcours, le natif de Châteaudun (Eure-et-Loir) s'accrochait pour garder le contact avec les routiers-sprinteurs les plus costauds (Hushovd, Freire, Breschel, Bole).
Au sprint, après plus de 260 kilomètres, Feillu a été pénalisé par des crampes. « Je suis encore un peu en-dessous », a-t-il reconnu. « Il doit encore gagner en maturité physique », a estimé Jalabert.
Le médaillé d'argent de la course espoirs en 2006 a cependant confirmé qu'il était bien un homme de circuit, doté d'intéressantes qualités (rapidité, habileté, ténacité) et appelé à progresser encore. Surtout s'il peut s'aligner régulièrement dans les grandes classiques, auxquelles il n'a pas eu jusqu'à présent souvent accès.
Mais trop de manques subsistent :
De densité d'abord pour un cyclisme qui cherche des sprinteurs de haut niveau, de motivation aussi pour courir le Mondial de la part de plusieurs coureurs majeurs et de responsables des équipes de marque. De solidité surtout au plus haut niveau.
La France en est réduite à privilégier l'opportunisme, à attendre que d'autres équipes tirent les marrons du feu pour son compte. « On n'a pas eu à supporter le poids de la course », reconnaissait d'ailleurs Feillu de bonne grâce à Geelong.


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