Patrouilles policières dans une gare parisienne, cible de fausses alertes à la bombe ces dernières semaines. Fred Dufour/AFP
À la suite de cette mise en garde, la Grande-Bretagne a fait passer de « général » à « élevé », dans ses conseils aux voyageurs britanniques, le niveau de menace terroriste concernant la France et l'Allemagne. La ministre de l'Intérieur, Theresa May, a déclaré que la mise en garde américaine correspondait aux propres conclusions des autorités britanniques. Elle a ajouté que son pays était confronté à une menace terroriste « sérieuse et réelle ». « Nous coopérons étroitement avec nos partenaires internationaux dans la lutte contre le terrorisme », a-t-elle poursuivi.
À Paris, le ministère des Affaires étrangères dit avoir « pris bonne note des recommandations de vigilance formulées par les États-Unis pour les ressortissants américains voyageant en Europe ». Dans un communiqué, il souligne que ces recommandations sont « en ligne » avec celles que Paris adresse à la population française. Il précise que les indications transmises par les autorités américaines sont « analysées, recoupées et le cas échéant prises en compte » dans l'évaluation française de la menace, qui s'appuie sur « un ensemble d'éléments ».
Le gouvernement français a actualisé ces dernières semaines le niveau rouge du plan antiterroriste « Vigipirate », avant-dernier niveau d'alerte et qui est en vigueur dans le pays depuis les attentats de Londres en 2005. Une vigilance accrue a été décidée en France après l'exécution, revendiquée par l'organisation el-Qaëda au Maghreb islamique (AQMI), d'un otage français, en juillet dernier au Sahel. Depuis, l'enlèvement de sept personnes, dont cinq Français travaillant pour Areva ou une filiale de Vinci il y a deux semaines à Arlit, dans le nord du Niger, a accru les inquiétudes. Cette action a été revendiquée AQMI, qui a diffusé un enregistrement sonore et des photos des otages. Les alertes à la bombe se sont par ailleurs multipliées depuis le début du mois et les autorités ont décidé d'évacuer la tour Eiffel, à deux reprises à la suite d'appels téléphoniques qui se sont avérés infondés. Selon un sondage BVA pour Canal+ diffusé jeudi dernier, les deux tiers des Français ne croient pas que le risque d'attentat en France soit renforcé.
Le ministère allemand de l'Intérieur a quant à lui estimé qu'il n'y a « pas lieu de modifier son évaluation des risques d'attentats », soulignant qu'il n'y a « toujours pas d'indications concrètes d'attentats imminents » en Allemagne. La Commission européenne « surveille » de son côté la situation. Selon un diplomate européen, la commissaire européenne aux Affaires intérieures, Cecilia Malmstroen, a demandé aux autorités américaines de lui fournir plus de détails sur les raisons de cette alerte.

