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Liban - La Situation

Entre affrontement et ajournement


En ce début de week-end, la question qui titille les lèvres de nombreux observateurs, celle de savoir si le clash ultime censé faire exploser la composition chimique du gouvernement aura lieu ou non lundi, a une saveur par trop familière.
Comme presque toujours au Liban, notamment à l'ombre des improbables mosaïques gouvernementales dont ce pays a la triste particularité, les montées de tension engendrent des ajournements en attendant que ceux-ci engendrent à leur tour de nouvelles montées de tension. Et ainsi de suite...
Mais pour l'instant, rien n'est encore sûr. Même la tenue lundi de la séance prévue du Conseil des ministres continuait hier soir à faire l'objet d'un suspense captivant - pour ceux qui peuvent encore être captivés -, l'ordre du jour n'ayant pas encore été distribué aux membres du cabinet.
L'annonce du départ du Premier ministre, Saad Hariri, pour l'Arabie saoudite, sans qu'il n'y ait été fait mention de la date de son retour, a naturellement contribué à nourrir ce suspense, bien que plusieurs ministres se soient montrés affirmatifs quant à la tenue de la réunion.
Le cas échéant, la question centrale resterait évidemment de savoir si la querelle sur la contribution libanaise au financement du Tribunal spécial pour le Liban, dernier avatar de l'affrontement en cours autour du TSL, serait le chant du cygne de la coalition gouvernementale.
L'affaire est grave, car du règlement de cette querelle dépend non pas tellement le sort du TSL qui, quoi qu'on en dise, se trouve à l'abri des retournements de situation sur la scène libanaise, mais quelque chose de plus important encore, la crédibilité de l'État libanais dans ses engagements internationaux.
Ainsi que l'a souligné le chef des FL, Samir Geagea, une cessation de paiement de la part du Liban, dont la part dans le financement du tribunal se monte à 49 %, signifie que l'État libanais renie son engagement à faire appliquer la résolution 1757 du Conseil de sécurité, acte fondateur du TSL. Du coup, c'est l'attitude du Liban à l'égard de l'ensemble du dispositif de la légalité internationale - et notamment la résolution 1701 - qui poserait problème.
Or, cet état d'esprit semble partagé par le chef de l'État, Michel Sleiman, même si les milieux proches de Baabda l'expriment en des termes moins acérés. À cet égard, il est intéressant de noter que M. Sleiman a rencontré en soirée le ministre d'État Adnane Sayyed Hussein. Celui-ci, on le sait, fait partie de ce qu'on appelle les « ministres du président », mais on sait aussi que, parmi ces derniers, il est considéré comme étant le plus proche des vues du Hezbollah. Les spéculations allaient donc bon train hier en journée sur le comportement qu'il aurait en Conseil des ministres si la question du financement du TSL venait à être soumise au vote.
Mais justement, il n'y aura probablement pas de vote, croit-on savoir de sources informées. On fera tout pour ne pas en arriver là. De fait, des contacts intensifs et non médiatisés ont commencé pour tenter de désamorcer le clash redouté. Certaines sources parlent même d'une évacuation pure et simple de la question du financement, arguant du fait qu'il est encore tôt pour boucler le projet de budget 2011.
En clair, cela signifie que pour les milieux qui tentent de calmer le jeu, le Conseil des ministres prévu lundi ne devrait être maintenu qu'en cas d'accord entre les protagonistes sur un ajournement du point litigieux. Voilà pourquoi l'ordre du jour de la séance n'était pas encore prêt hier.
En revanche, on s'attend, si la réunion se tient, à ce que le ministre de la Justice, Ibrahim Najjar, soumette à ses collègues le rapport qui lui avait été commandé sur la question dite des « faux témoins ». Pour nombre d'observateurs, l'ouverture de ce dossier devrait entraîner en quelque sorte sa fermeture. Autrement dit, dès lors que le processus judiciaire se met en marche, l'exploitation politique qui est faite de cette affaire devrait automatiquement cesser.
En ce début de week-end, la question qui titille les lèvres de nombreux observateurs, celle de savoir si le clash ultime censé faire exploser la composition chimique du gouvernement aura lieu ou non lundi, a une saveur par trop familière.Comme presque toujours au Liban, notamment à l'ombre des improbables mosaïques gouvernementales dont ce pays a la triste particularité, les montées de tension engendrent des ajournements en attendant que ceux-ci engendrent à leur tour de nouvelles montées de tension. Et ainsi de suite...Mais pour l'instant, rien n'est encore sûr. Même la tenue lundi de la séance prévue du Conseil des ministres continuait hier soir à faire l'objet d'un suspense captivant - pour ceux qui peuvent encore être...
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