L’Olympique de Marseille a reçu une véritable leçon de football à Stamford Bridge. Tout comme Auxerre, l’OM fonce vers l’élimination... sans qu’il y ait grand-chose à redire. Paul Hackett/Reuters
Les années se suivent et se ressemblent furieusement dans cette compétition pour le champion de France...
Comment ne pas faire le rapprochement en effet avec les deux saisons précédentes, où l'OM abordait la 3e journée de l'épreuve plombé déjà par deux défaites. Au Vélodrome en ouverture contre le Milan et Liverpool en 2009 et 2008, au Real et à l'Atletico Madrid ensuite.
Ce mauvais scénario risque fort de renvoyer l'OM directement en Europa League, sauf à enchaîner les exploits. D'autant que la situation n'est pas la même que la saison dernière, où Zurich, vainqueur surprise à San Siro dès la première journée, avait fait du club lombard une cible accessible pour le lièvre marseillais. Le Spartak Moscou, où il faudra aller gagner dans les frimas de fin novembre, caracole déjà à six points devant... Étant entendu que Chelsea paraît déjà sur orbite.
Une scène illustre cette différence d'univers : après le match, dans la zone mixte en bord de pelouse où défilent les joueurs, la vedette - suspendue - de Chelsea, Didier Drogba, glisse quelques mots gentils dans le creux de l'oreille de Loïc Rémy.
Muraille anglaise
Le jeune attaquant marseillais, qui s'est par ailleurs refusé à évoquer le match en lui-même, s'en montre tout ému : « Qu'un joueur comme lui me prête attention est flatteur. Je le remercie, car j'ai énormément de respect pour ce qu'il a fait. Cela me fait énormément plaisir, on a pu échanger quelques mots, c'est quelqu'un de très humble. » On croirait presque entendre un fan récupérant l'autographe d'une de ses idoles...
La différence de classe était du reste particulièrement patente dans le jeu offensif.
Didier Deschamps, un brin désabusé, ne pouvait que constater que Rémy et Gignac avaient connu à Stamford Bridge la « première titularisation en Ligue des champions » de leur carrière. Comme s'il regrettait l'absence de joueurs d'expérience, au profil du Brésilien du FC Séville Luis Fabiano, sa priorité estivale non concrétisée. La faute à des moyens financiers jugés insuffisants (malgré 29 M. d'euros hors bonus investis dans Gignac et Rémy) et un mercato opéré dans l'urgence après les départs de Niang et Ben Arfa.
De fait, Gignac n'a pratiquement pas eu un ballon à négocier, tandis que Rémy a souffert le martyre devant l'épatant Ashley Cole. Brandao, lui, a tenu le choc physiquement, mais n'a pas plus généré de danger.
Prolixe en occasions en L1, l'OM a ainsi buté sur la muraille anglaise et n'a pu que faire le constat de son impuissance offensive. Alors que l'ambition de l'intersaison consistait précisément à recruter un « crack » pour l'associer à Niang, qui peinait parfois à franchir le « cut » du plus haut niveau européen.
Une certaine naïveté défensive, reconnue par tous les joueurs, a aussi plombé la soirée. Le but de Terry, laissé seul, en est l'illustration parfaite. Les mêmes discours sur ces « détails qui font la différence » étaient sur toutes les lèvres. « On a vu la différence entre une équipe qui sera dans le dernier carré et une construite pour essayer de passer la phase de poule », résumait, lucide, Édouard Cissé. Un discours bien connu à l'OM...

