Âgé de 74 ans, M. Loujkov a été « démis de ses fonctions de maire, parce qu'il a perdu la confiance du président russe », a indiqué le Kremlin dans un communiqué. Le premier adjoint au maire, Vladimir Ressine, a été désigné pour assurer l'intérim. « C'est la première fois que cela arrive », a déclaré M. Medvedev, évoquant le premier limogeage d'un dirigeant régional pour perte de confiance. « Je n'exclus pas que de tels cas se reproduisent à nouveau », a-t-il néanmoins ajouté. Interrogé sur cette décision, M. Poutine a estimé que le chef de l'État avait « agi en stricte conformité avec les lois russes dans le cadre de sa compétence ». L'homme fort de Russie a évoqué de mauvaises relations entre le président et le maire de Moscou, soulignant que M. Loujkov « aurait dû prendre (les) mesures nécessaires pour normaliser cette situation ».
Cette décision intervient après plusieurs semaines d'une campagne médiatique visant le maire de Moscou, qui s'est notamment développée après sa gestion critiquée des terribles incendies de forêts cet été en Russie. Alors que Moscou étouffait dans la fumée et la canicule, le maire a en effet tardé à interrompre ses vacances en Autriche. M. Loujkov a également quitté ses fonctions au sein du parti au pouvoir Russie Unie, dirigé par M. Poutine, a indiqué le dirigeant du comité exécutif du parti, Andreï Vorobiev. Ce dernier a indiqué que l'ancien maire avait envoyé une lettre hier, annonçant son départ du parti, mais que celle-ci était datée du 26 septembre. « Ces derniers temps, j'ai fait l'objet d'attaques acharnées de la part des médias (...). Ces attaques avaient pour but d'éloigner le maire de Moscou de l'arène politique », a écrit M. Loujkov dans cette lettre, selon une source à la mairie, citée par Interfax.
M. Loujkov n'a pour l'instant fait aucun commentaire public sur son limogeage. Il a appris la nouvelle de son renvoi alors qu'il était dans son bureau et se préparait pour une session du Parlement local, selon une autre source au sein de la mairie, citée par l'agence ITAR-Tass. Malgré l'avalanche médiatique qu'il a subie, M. Loujkov n'avait jamais montré aucun signe de résignation. Lundi, il avait une nouvelle fois répondu aux attaques en déclarant qu'il ne démissionnerait pas de son propre gré. Le mandat de M. Loujkov devait expirer l'année prochaine, un an avant l'élection présidentielle en 2012. Plusieurs émissions télévisées avaient récemment accusé M. Loujkov d'avoir mis la capitale russe en coupe réglée avec sa femme, la milliardaire Elena Batourina, dont la fortune est estimée par le magazine américain Forbes à 2,9 milliards de dollars.


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