« J'ai déboursé 500 dollars de manuels pour mes deux enfants qui sont au complémentaire », raconte Caryn, une mère de famille. « Je n'ai pas pu acheter de livres usagés, car l'école a exigé de nouvelles éditions cette année. Je n'ai pas non plus réussi à vendre les vieux manuels, qui iront au recyclage », déplore-t-elle. « Mais au moins, la librairie m'aura gratuitement recouvert les manuels », lance-t-elle avec humour.
Mère de quatre enfants, Maya n'a pas hésité à aller à la recherche de livres usagés ou à récupérer de vieux manuels ici ou là. Côté scolarité, les choses sont moins évidentes. Car malgré la demande écrite qu'elle a adressée à la direction de l'établissement où sont scolarisés ses enfants, il y a quelques années, on ne lui a accordé que 100 000 LL de réduction. « C'est ridicule, dit-elle. Et pourtant, les familles nombreuses se comptent sur les doigts. »
Reine appréhende pour sa part l'augmentation de la scolarité dont on parle tant. « Nous arrivions à grand-peine à boucler le mois », indique cette mère de deux enfants, appartenant à la classe moyenne. Elle estime qu'avec une augmentation de 15 %, la scolarité de ses enfants devrait s'élever à 9 millions de livres par an. « Assurer une bonne éducation à nos enfants est essentiel », dit-elle. « Je me demande si je ne devrais pas demander une aide à la scolarité », lance-t-elle toutefois. « Le problème est que mon mari et moi travaillons tous les deux. Nous ne sommes pas un cas social. Mais les choses sont réellement difficiles et nous devons jongler pour y arriver », souligne-t-elle. Par souci d'économie, Reine accompagne elle-même ses enfants à l'école ou se fait aider par ses proches. « Cela me permet d'économiser deux millions de livres par an », observe-t-elle. Elle hésite aussi à inscrire ses enfants à une activité quelconque. « Nous avons tellement d'autres priorités », conclut-elle.


À Verdun, un « sommet spirituel » pour préserver l’unité nationale... et donner un coup de pouce au pouvoir