« Ce que j'ai gagné ne me payait même pas l'essence, car je n'ai reçu aucune indemnité de transport, alors que je devais me déplacer d'une école à une autre, sans possibilité de négocier mes horaires, raconte-t-elle. Je perdais souvent des journées entières, alors que je n'étais payée que pour un certain nombre d'heures d'enseignement. » En tant que contractuelle, Nayla ne bénéficie pas de la Sécurité sociale, ni de soins médicaux, ni même d'indemnités de fin de service. « Un jour, j'ai eu un accident de travail au sein de l'école, mais j'ai dû me soigner à mes propres frais. On ne m'a même pas payé le cours que je n'ai pas pu donner ce jour-là », se rappelle-t-elle.
Nayla déplore aussi l'absence de sécurité et le manque de stabilité de son emploi. « On ne m'a jamais donné de préavis, raconte-t-elle. Du jour au lendemain, lorsque j'étais remplaçante, je pouvais être congédiée. Je devais également être prête à effectuer des remplacements de dernière minute. Une fois, en fin d'année scolaire, on m'a subitement demandé d'interrompre mes cours, sans préavis, alors que le programme n'était pas terminé. J'ai refusé de me plier à cette injonction, affirmant que j'étais prête à enseigner gratuitement, pour que mes élèves soient prêts pour leurs examens officiels. »
Cette mère de famille a pourtant persévéré, dans l'espoir d'être un jour cadrée. « Je me suis accrochée », dit-elle. Mais en vain. « À l'issue du concours pour devenir enseignante cadrée, en 2009, je n'ai pas été admise. Je m'étais présentée au Metn où il n'y avait de place que pour un seul enseignant. Je n'a pas été sélectionnée », déplore-t-elle.
Nayla garde encore l'espoir d'être cadrée. Elle envisage de se présenter au prochain concours. Mais elle craint cette fois d'être recalée à cause de son âge.


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