Au fil des Pyramides, 750 000 signatures ont pu être recueillies contre les bombes à sous minutions et un million contre les mines antipersonnel./
Manteau beige et canne à la main, le résistant Raymond Aubrac, 96 ans, a jeté une paire de souliers noirs qui a rejoint le tas formé au milieu de la place du Trocadéro très fréquentée par les touristes.
"Il faut que l'opinion publique soit informée. C'est l'opinion publique qui amène les gouvernements à signer des traités, à les faire respecter. Des manifestations comme celles-là sont décisives", martele M. Aubrac qui se bat contre ces armes depuis la fin de la Seconde guerre mondiale.
Parmi les autres lanceurs de chaussures figuraient l'ancien ministre socialiste Jack Lang, l'universitaire Pascal Boniface ainsi qu'une délégation du Paris-SG emmenée par son président Robin Leproux.
HI estime que 500 000 blessés par des accidents de mines ou d'autres restes d'explosifs de guerre ont besoin d'une aide à vie.
"J'avais 20 ans, la bombe a été lâchée d'un avion. On était trois au moment où elle est tombée sur le sol, je suis la seule survivante", raconte Phet Latsabout, une Laotienne de 61 ans, qui a dû être amputée d'une jambe. Aujourd'hui, elle "sensibilise les gens, surtout les enfants qui jouent avec les bombes en toute ignorance".
"Depuis que le Traité d'Ottawa contre les mines antipersonnel a été signé (en 1997), on a vu se réduire de manière significative le recours à ces armes. On est passé de 26 000 victimes par an en 1997 à un peu plus de 5 000 aujourd'hui. C'est un progrès spectaculaire", se félicite M. Richardier, qui a aussi salué l'entrée en vigueur du Traité d'Oslo contre les BASM le 1er août 2010.
"Au fil des Pyramides, on a recueilli 750 000 signatures contre les BASM, un million contre les mines. C'est avec ces signatures en poche qu'on interpelle le gouvernement français", a-t-il souligné.

