Une figure de légende de l'orthopédie libanaise nous a quittés, laissant orphelins sa famille, ses patients et ses élèves.
Le curriculum académique de ce grand médecin pourrait être rédigé en lettres de labeur, de sueur et de veille dans l'arène des concours des hôpitaux de l'Assistance publique de Paris.
Du poste d'externe à celui de professeur des universités, il a réussi à gravir tous les échelons de ce parcours du combattant. Ses titres, il ne les a pas arborés sur le torse comme des distinctions, mais dans son esprit et dans son cœur, auréolant sa passion pour son métier.
Fondateur de l'École française d'orthopédie dans notre pays, il a su inculquer à ses élèves, dont je fais partie, le sens de la rigueur et de la perfection. Sa dextérité chirurgicale et son talent d'enseignant resteront des exemples de savoir-faire et de clarté !
Exigeant envers lui-même, il l'était aussi envers ses collaborateurs pour le seul intérêt du patient dont il avait la charge. La responsabilité ! Jamais il n'acceptait de tergiverser sur ce point.
Ce professionnalisme rigoureux n'était en fait que la partie apparente de l'iceberg qu'il était. Ses qualités humaines, souvent cachées, étaient celles d'un gentilhomme au vrai sens du terme. Cordial, affable et fidèle dans ses amitiés.
Avec son départ, il laisse un legs : son enseignement qui restera incrusté dans l'esprit de chacun de ses élèves.
Élie Mechelany a quitté ce monde. Son école demeure.


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