Au sein de la guérilla, Jorge Briceno, un homme trapu toujours en treillis et souvent coiffé d’un béret noir, était – selon l’ex-président colombien Andrés Pastrana – le responsable en charge de mener la politique de terreur. Rodrigo Arangua/AFP
« C'est le coup le plus dur » porté à la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC, marxistes), a déclaré Juan Manuel Santos, ex-ministre de la Défense (2006-2009) au pouvoir depuis le 7 août qui avait promis d'intensifier encore la politique de fermeté à l'égard des FARC. Il a par ailleurs considéré ce coup « plus important » que celui porté à la guérilla lorsque son numéro deux Raul Reyes avait été tué, le 1er mars 2008, dans un bombardement contre un campement de la guérilla en Équateur : « Il incarnait la terreur et la violence », a-t-il ajouté. « C'est une nouvelle historique pour notre pays », a-t-il encore déclaré à des journalistes. « C'est sans doute le coup le plus dur contre cette organisation narcoterroriste dans l'histoire de la Colombie », a de son côté affirmé le ministre de la Défense Rodrigo Rivera, lors d'une conférence de presse à Bogota, avant d'appeler Alfonso Cano, le dirigeant de cette guérilla, à se rendre.
Le cadavre de « Mono Jojoy » (Singe Jojoy, NDLR), âgé de 57 ans et qui avait gravi ses échelons depuis 1975, a été trouvé dans le département central de Meta, non loin de la municipalité de La Macarena. Une vingtaine de combattants des FARC ont également été tués dans l'opération, selon le ministère de la Défense. L'opération planifiée en secret a impliqué tous les corps d'armée. Selon une source du ministère de la Défense, une trentaine d'avions ont été utilisés dans cette opération, ainsi que 16 hélicoptères et au moins 250 soldats des forces spéciales.
« Mono Jojoy » était sans doute l'homme le plus recherché par l'armée colombienne, au côté d'Alfonso Cano. Il était visé par 62 mandats d'arrêt et accusé d'homicides, d'enlèvements et de terrorisme. Depuis plus d'un an, l'armée indiquait s'être rapprochée de lui, affirmant notamment avoir touché des troupes assurant sa sécurité. Le chef militaire des FARC était également recherché aux États-Unis pour trafic de cocaïne et l'enlèvement de trois otages américains. À Washington, le porte-parole du Conseil national de sécurité de la Maison-Blanche, Mike Hammer, a qualifié la mort du chef militaire de la guérilla d'« une victoire importante pour la Colombie », rappelant que le président américain Barack Obama comptait s'entretenir de ce sujet aujourd'hui à New York lors d'une rencontre prévue avec M. Santos.
En Colombie, l'ex-président Andrés Pastrana (1998-2002) a déclaré hier que sa mort est un coup porté « au cœur des FARC ». « C'était l'homme chargé de la terreur, celui responsable du plus grand nombre de morts », a-t-il dit à Radio Caracol. « Toutes les opérations militaires étaient ordonnées et coordonnées par lui. De lui dépendait la structure militaire », a-t-il ajouté.
La guérilla des FARC, fondée en 1964, compterait encore quelque 8 000 combattants selon le ministère de la Défense. Elle est active sur la moitié du territoire colombien, où elle mène régulièrement des attaques et embuscades contre la police et l'armée. Depuis le début du mois de septembre, au moins 43 militaires et policiers avaient été tués dans ces affrontements, 90 selon les FARC, qui ont revu leur stratégie depuis la mi-2009 pour faire face au renforcement de l'armée colombienne.


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