Le président roumain Traian Basescu lors du sommet européen du 16 septembre. Photo Jean-Christophe Verhaegen/AFP
À quelques kilomètres de là, environ 9 000 personnes, selon la gendarmerie, s'étaient rassemblées devant le siège du gouvernement à l'appel d'une des principales confédérations syndicales du pays pour protester contre des coupes de 25 % des salaires du secteur public et une hausse de la TVA de 19 à 24 %.
Les organisateurs s'attendaient à un rassemblement de 20 000 personnes.
Confronté à une récession persistante, le gouvernement de centre-droit a pris ces mesures afin de contenir le déficit public et d'obtenir de nouvelles tranches d'une aide cruciale de 20 milliards d'euros du Fonds monétaire international (FMI), de l'Union européenne (UE) et de la Banque mondiale.
Après des années de forte croissance, la Roumanie s'est réveillée en 2009 avec une sérieuse gueule de bois et une récession de 7,1 % de son économie sur fond de crise mondiale.
« Le régime d'austérité doit continuer si nous voulons utiliser les ressources européennes pour développer le pays », a insisté M. Basescu en soulignant que ces fonds européens étaient disponibles uniquement lorsque la Roumanie pouvait assurer un cofinancement. « Or, les 11 milliards empruntés cette année ont servi à payer les salaires, les retraites, les aides sociales », et non pas aux investissements nécessaires dans un pays qui manque cruellement d'autoroutes et dont le réseau ferroviaire est dans un état catastrophique, a rappelé le président roumain.
La Roumanie - septième État de l'Union européenne en termes de population - est aussi le pays le plus pauvre avec la Bulgarie voisine.
« J'ai voulu donner un signal clair à l'étranger : nous allons continuer le processus de réformes », a insisté le président qui vise notamment une réduction des dépenses sociales « exagérées ».
Selon M. Basescu, entre 2004 et 2008, le nombre de bénéficiaires d'une aide sociale est passé de 6,4 millions à 13,9 millions.
Il souhaite aussi respecter l'engagement d'une réduction du déficit public à 3 % du produit intérieur brut en 2012.
En revanche, même si la Roumanie respecte ce critère-clé, le président n'a pas exclu une adoption plus tardive que prévu de la monnaie unique, programmée pour l'instant le 1er janvier 2015.
« Mon appel est que nous rediscutions afin de voir si nous maintenons l'objectif (initial) ou si nous retardons l'adhésion d'un ou de deux ans », a déclaré le chef de l'État.
« L'exemple grec nous a montré que nous devons réfléchir sérieusement et être bien préparés. On peut s'encadrer dans l'objectif d'un déficit public de 3 %, mais la crise nous a montré qu'il faut regarder tous les aspects d'une économie », a insisté M. Basescu.
Il a aussi confirmé la nécessité d'un nouvel accord avec le FMI et l'UE en 2011. « Nous n'avons pas l'intention de prendre davantage d'argent du Fonds, mais nous avons besoin d'une ligne de crédit par précaution, qui serve un peu comme une ceinture de sécurité », a dit M. Basescu.
Ce nouvel accord pourrait renforcer la confiance des investisseurs et prêteurs étrangers, selon lui.
Il a en outre souligné son intention de maintenir tel quel le taux d'imposition unique, actuellement de 16 %, au moins jusqu'aux prochaines élections législatives en 2012.

