Les Six, qui soupçonnent l'Iran de chercher à se doter de la bombe atomique sous couvert d'un programme civil, veulent obtenir "rapidement une solution négociée" avec Téhéran, selon le projet de communiqué obtenu par l'AFP avant la réunion du groupe à l'ONU.
Le groupe des Six, que ses trois membres européens préfèrent appeler 3+3, est composé des cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU (Chine, Etats-Unis, France, Royaume-Uni, et Russie) et de l'Allemagne.
"Nous avons réaffirmé notre détermination et notre engagement à trouver rapidement une solution négociée à la question du nucléaire iranien, et avons consacré notre discussion à de nouvelles étapes pratiques pour y parvenir rapidement", écrivent les ministres des affaires étrangères.
"Notre objectif demeure une solution négociée complète et de long terme, qui puisse rétablir la confiance internationale dans la nature exclusivement pacifique du programme nucléaire de l'Iran", poursuit le communiqué.
L'offre intervient trois mois après le vote de la résolution 1929 du Conseil de sécurité de l'ONU, qui impose une nouvelle série de sanctions économiques au régime, et que plusieurs Etats ont complétée par des sanctions nationales.
Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad, également présent à l'ONU pour l'Assemblée générale de l'institution, continue de nier que son programme nucléaire ait des visées militaires.
Le régime répète par ailleurs que les sanctions économiques sont sans effet sur le pays, mais Téhéran se dit également prêt à une reprise rapide des négociations.
"Nous espérons qu'avec une approche juste reconnaissant le droit de la République islamique à avoir des activités pacifiques nucléaires, nous pourrons avoir dans un proche avenir des négociations" avec le groupe, a ainsi déclaré mardi Ramin Mehmanparast, le porte-parole de la diplomatie iranienne.
Selon le projet de communiqué, les Six se disent également prêts à reprendre la discussion avec l'Iran sur "un accord révisé" dans la ligne de l'échange d'uranium offert il y a près d'un an à Genève.
L'Iran avait d'abord paru accepter celui-ci, avant de se rétracter. Une nouvelle négociation devra prendre en compte la poursuite de l'enrichissement d'uranium depuis lors, ont fait valoir mardi à Vienne des responsables américains.
Le projet de communiqué des Six conclut en espérant "la participation positive et constructive de l'Iran à ce dialogue".
Malgré cette ouverture, la chancelière allemande, Angela Merkel, a observé avant la réunion que l'Iran n'avait "pas levé les doutes qui pèsent sur le caractère pacifique de son programme nucléaire". Et faute de se conformer aux résolutions de l'ONU, ce pays "est menacé d'isolement et de nouvelles sanctions".
Interrogé par l'AFP mercredi matin, le porte-parole de la diplomatie américaine a affirmé que les Six allaient "continuer à indiquer clairement à l'Iran (leur) volonté d'avoir un dialogue constructif sur son programme nucléaire".
"Si les Iraniens sont prêts à des discussions sérieuses, ils n'ont qu'à nous le faire savoir", a ajouté Philip Crowley.
M. Crowley avait ironisé mardi sur le fait que les dirigeants iraniens connaissaient le numéro de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) et n'avaient qu'à décrocher leur téléphone s'ils voulaient négocier.
Illustration du scepticisme américain, il avait aussi déclaré qu'aucune rencontre n'était prévue cette semaine avec les Iraniens à New York.
La réunion des Six doit avoir lieu vers 11h15 (15h15 GMT) à la délégation de l'Union européenne.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine