Principal concurrent à droite du président Nicolas Sarkozy, M. de Villepin a critiqué "la politique de communication à tout le moins maladroite et parfois même cynique" du gouvernement sur la menace terroriste.
"En matière de sécurité, en matière de communication sur ces questions, il faut savoir être prudent et il faut savoir avoir une parole juste et rare", a-t-il ajouté sur la radio France Info.
Dominique de Villepin a reproché au gouvernement de mettre en oeuvre "une stratégie de la tension". "Ce qui est important c'est de prendre des mesures, d'agir (...) Ca ne sert à rien de créer la panique un peu partout dans notre pays", a-t-il dit.
Après plusieurs mises en garde formulées depuis une semaine par des responsables français, les autorités se sont à nouveau alarmées lundi d'un risque d'attentat accru sur le sol français, sur la base d'un renseignement provenant d'Algérie concernant une menace qui émanerait d'el Qaëda au Maghreb islamique (Aqmi).
Ces mises en garde font suite à l'enlèvement jeudi au Niger de sept personnes, dont cinq Français. Paris soupçonne Aqmi d'en être le commanditaire.
Plusieurs éditorialistes de la presse régionale accusaient également le gouvernement de se servir de cette menace pour occulter des sujets sensibles comme l'impopulaire réforme des retraites.
"Est-ce que, par hasard, (le ministre de l'Intérieur) Brice Hortefeux ne jouerait pas un peu au +Père la terreur+? Est-ce qu'il ne serait pas en train de donner la trouille aux Français, histoire de les détourner de leurs marottes sociales?", interrogeait ainsi la République du Centre.
"L'alerte des services de sécurité est fondée; la publicité qui l'entoure fait question. Pour certains, le ministre de l'Intérieur orchestrerait la peur pour justifier des mesures de sécurité renforcée", note l'Est Républicain.
De son côté, l'opposition socialiste a regretté le manque de "transparence" entourant cette menace. "On nous dit: la menace est là, mais qui, quoi, qui est-ce, comment, on n'en sait rien. On est dans le brouillard pour quelque chose qui touche à la sécurité des Français", a déploré le député socialiste Jean-Christophe Cambadélis sur Canal+.

