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Liban - La Situation

L’affrontement politique en marche

La tension qui sévissait dans le pays s'est muée en ambiance carrément malsaine depuis l'action contestée menée samedi par le Hezbollah à l'aéroport de Beyrouth pour soustraire le général Jamil Sayyed à la convocation qui lui avait été adressée par la justice.
La dose minimale de retenue que l'accord de Doha, en mai 2008, avait imposée à une grande partie de l'aréopage politique, et plus particulièrement à l'entourage de Saad Hariri, a volé en éclats.
Au sein du Courant du futur et chez ses alliés, les langues se sont déliées. Les brûlots sont jetés à la face du Hezbollah, accusé d'avoir lui-même « fabriqué » les faux témoins, de soumettre l'État et ses services de sécurité à sa « terreur », d'orienter désormais ses armes uniquement vers l'intérieur, etc.
Cette radicalisation survient dans un contexte régional de plus en plus marqué par un durcissement de la polarisation sunnito-chiite. L'exemple du Koweït, dont le gouvernement vient de décréter des mesures pour interdire toute manifestation à caractère politique sur fond de conflit entre les deux communautés, est clair à cet égard.
Il est vrai, cependant, que, contrairement à dimanche, les divers intervenants au Liban n'ont pas cherché hier à exploiter le filon confessionnel. Mais cela ne réduit en rien la tension politique qui est à son comble.
Et c'est dans une telle ambiance que le Conseil des ministres va se réunir aujourd'hui, au lendemain du retour du Premier ministre à Beyrouth. Les efforts d'apaisement n'ont certes pas cessé et vont redoubler aujourd'hui avant et pendant la réunion du gouvernement. Le chef de l'État, Michel Sleiman, entend diriger ces efforts, et il est probable qu'il sera secondé dans cette tâche par un certain nombre d'acteurs, à commencer par les propres alliés du Hezbollah.
Signalons dans ce cadre que le chef des Marada, Sleimane Frangié, qui se distingue depuis quelque temps de ses partenaires jusqu'au-boutistes par un discours nettement plus modéré, a été reçu hier à Damas par le président syrien Bachar el-Assad.
M. Sleiman pourra aussi probablement compter sur la contribution du camp berryste, engagé depuis quelques semaines sur une pente descendante, quant au discours politique, au moment même où son grand frère chiite se lançait dans une ascension dont on n'entrevoit toujours pas les limites.
Enfin, il y a le clan joumblattiste, dont le chef, pris au piège du centre parfait qu'il veut incarner à l'instant où la polarisation des extrêmes s'aggrave, s'est livré hier à un exercice d'ironie qui, en quelque sorte, est un aveu d'impuissance. Cela étant dit, Walid Joumblatt ne reste pas inactif. Il a dépêché hier un de ses ministres, Ghazi Aridi, chez le secrétaire général du Hezbollah.
La question qui se pose est de savoir si tout ce dispositif suffira pour réduire la tension ambiante. On peut aussi retourner l'interrogation et se demander si les derniers développements, en particulier l'intrusion du Hezbollah à l'aéroport, ne constituent pas en quelque sorte un franchissement du Rubicon.
La réponse est et reste chez le Premier ministre. Ce dernier s'est abstenu hier de toute déclaration publique, notamment à l'issue de la réunion du Bloc du futur sous son égide, et après ses rencontres avec Michel Sleiman et Nabih Berry.
Toutefois, les milieux proches de M. Hariri assurent qu'il s'est montré déterminé à faire face au défi qui lui est lancé et qu'il ne cédera rien sur tout ce qu'il considère comme essentiel. Le TSL entre bien entendu dans cette catégorie, tout comme l'alliance du 14 Mars, mais aussi le principe de la suprématie de l'État. Sur ce plan, des sources haririennes affirment que le Premier ministre considère les hauts responsables de la justice et de la sécurité visés par la campagne en cours comme étant une « ligne rouge ».
Sur le plan extérieur, Saad Hariri a reçu hier le soutien clair des deux géants arabes que sont l'Égypte et l'Arabie saoudite. Le Caire et Riyad ont, en effet, tiré à boulets rouges sur le Hezbollah. Il restera à connaître la vraie position de Damas pour entrevoir la suite du feuilleton.
La tension qui sévissait dans le pays s'est muée en ambiance carrément malsaine depuis l'action contestée menée samedi par le Hezbollah à l'aéroport de Beyrouth pour soustraire le général Jamil Sayyed à la convocation qui lui avait été adressée par la justice.La dose minimale de retenue que l'accord de Doha, en mai 2008, avait imposée à une grande partie de l'aréopage politique, et plus particulièrement à l'entourage de Saad Hariri, a volé en éclats.Au sein du Courant du futur et chez ses alliés, les langues se sont déliées. Les brûlots sont jetés à la face du Hezbollah, accusé d'avoir lui-même « fabriqué » les faux...
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