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Moyen Orient et Monde - Iran

Ahmadinejad de nouveau sous le feu des conservateurs

Le président a minimisé le rôle du Parlement.
Des déclarations du président iranien Mahmoud Ahmadinejad minimisant le rôle du Parlement ont déclenché hier un flot de critiques au sein de son propre camp conservateur. M. Ahmadinejad a mis le feu aux poudres en remettant en cause, dans une interview dimanche au quotidien Iran, un principe du fondateur de la République islamique, l'ayatollah Rouhollah Khomeyni, selon lequel le Parlement « est à la tête des affaires » du pays. « Aujourd'hui, selon la Constitution, l'exécutif a la responsabilité de diriger le pays et le président est la plus haute autorité après le guide suprême », l'ayatollah Ali Khamenei, a affirmé M. Ahmadinejad. « La phrase de l'imam (Khomeyni) date de l'époque où le régime politique était parlementaire. Le Premier ministre était responsable de la gestion du pays et il était choisi par le Parlement », a justifié M. Ahmadinejad. Une modification de la Constitution a supprimé en 1989 le poste de Premier ministre, renforçant le rôle du président élu au suffrage universel.
Ces deux petites phrases ont provoqué un tollé dans le camp conservateur du président. « Si l'imam a dit que le Parlement était à la tête des affaires, c'était pour éviter la dictature », a rétorqué le président du Parlement Ali Larijani, à couteaux tirés depuis plusieurs mois contre la politique économique du gouvernement et son refus d'appliquer, pour diverses raisons, plusieurs lois votées par le Majlis. Le député conservateur Ali Motahari a souligné pour sa part que le Parlement devait demeurer « à la tête des affaires pour empêcher l'évolution despotique du gouvernement ». Et il a rappelé, en forme d'avertissement, que le Majlis pouvait « voter la défiance contre le président ».
M. Ahmadinejad et ses proches sont également vivement critiqués depuis quelques jours par une partie du camp conservateur pour avoir fait l'éloge du roi Cyrus le Grand, fondateur du premier empire perse il y a 2 500 ans. Depuis la révolution islamique de 1979 et le renversement de la monarchie qui revendiquait l'héritage achéménide, les dirigeants de la République islamique ont toujours dénoncé l'action des anciens rois perses. Vendredi, M. Ahmadinejad a salué à la télévision un souverain qui a « interdit l'esclavage » et « sauvé le peuple d'Irak sans verser de sang », faisant référence à la conquête de Babylone.
Le vice-président iranien en charge de l'héritage culturel, Hamid Baghai, a pour sa part affirmé que M. Ahmadinejad était « le Cyrus de notre temps » car il défendait les mêmes principes. « Que sait Ahmadinejad du règne de Cyrus pour dire qu'il veut gérer le monde en se basant sur ses règles ? » a répliqué Hossein Shariatmadari, directeur du quotidien ultraconservateur Kayhan. M. Larijani a critiqué lui aussi l'éloge de Cyrus, affirmant que le président, en matière de droits de l'homme, aurait mieux fait de se référer aux « règles présentées par l'imam Ali », premier imam pour les musulmans chiites, plutôt qu'au souverain achéménide.
Des déclarations du président iranien Mahmoud Ahmadinejad minimisant le rôle du Parlement ont déclenché hier un flot de critiques au sein de son propre camp conservateur. M. Ahmadinejad a mis le feu aux poudres en remettant en cause, dans une interview dimanche au quotidien Iran, un principe du fondateur de la République islamique, l'ayatollah Rouhollah Khomeyni, selon lequel le Parlement « est à la tête des affaires » du pays. « Aujourd'hui, selon la Constitution, l'exécutif a la responsabilité de diriger le pays et le président est la plus haute autorité après le guide suprême », l'ayatollah Ali Khamenei, a affirmé M. Ahmadinejad. « La phrase de l'imam (Khomeyni) date de...
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