Une source diplomatique onusienne a indiqué à L'Orient-Le Jour que Michel Sleiman prononcera deux discours. Il s'adressera jeudi matin aux membres du Conseil de sécurité lors de la réunion de haut niveau axée sur la paix et la sécurité, sans nécessairement s'arrêter sur la force de maintien de la paix au Liban, a précisé cette même source. Cette session de haut niveau sera présidée par le président turc Abdallah Gül dont le pays assure la présidence du Conseil pour le mois de septembre, en présence de Ban Ki-moon et de chefs d'État et de gouvernement des pays membres du Conseil. Vendredi matin, le chef de l'État prononcera le discours du Liban à la tribune de l'Assemblée générale ; il fera « éventuellement deux interventions lors de deux réunions de haut niveau du Conseil de sécurité sur le Soudan et la Somalie. Mais tout cela sera confirmé aujourd'hui », a laissé entendre la source en question.
En marge des débats et des manifestations, et comme il est de coutume lors de tels événements au Palais de Verre, un certain nombre de rencontres bilatérales politiques entre différents chefs d'État sont prévues. Ainsi, Michel Sleiman et Ban Ki-moon se rencontreront jeudi. Ce jour-là, le chef de l'État participera au déjeuner traditionnel offert par le secrétaire générale de l'ONU au Palais de Verre et le soir, il prendra part à la réception offerte par le président américain Barack Obama et son épouse Michelle au Musée d'histoire naturelle en l'honneur des leaders de la planète. Avant de s'envoler pour le Mexique dimanche soir, Michel Sleiman assistera à la messe qui sera célébrée à la cathédrale maronite de Brooklyn par Mgr Gregory Mansour. À cette occasion, il rencontrera l'importante communauté libanaise de ce « Borough ».
Le nouveau président de l'AG, un ami du Liban...
La présidence de la 65e session est assurée cette année par « un ami du Liban », Joseph Deiss, ancien chef de gouvernement suisse qui avait œuvré il y a huit ans en faveur de l'entrée de son pays aux Nations unies. Élu président de l'Assemblée générale le 11 juin 2010, cet économiste et homme politique doté d'une vaste expérience des affaires multilatérales a enseigné l'économie dans plusieurs universités et a notamment été membre du conseil stratégique de l'Université Saint-Joseph à Beyrouth. Estimant que prévalait « trop souvent dans l'opinion publique l'image d'une Assemblée générale impuissante, simple moulin à paroles, sans retombées concrètes », Joseph Deiss a souhaité que cette 65e session soit l'occasion de faire de cette AG « un lieu de convergence des forces et des institutions ».
Signalons que le Sommet du millénaire pour le développement, qui démarre aujourd'hui, a pour but de relancer la mobilisation de la communauté internationale pour réaliser d'ici à 2015 les huit objectifs adoptés en 2000 par les États membres de l'ONU, à savoir : réduire l'extrême pauvreté et la faim, assurer l'éducation primaire pour tous, promouvoir l'égalité des sexes et l'autonomisation des femmes, réduire la mortalité infantile, améliorer la santé maternelle, combattre le VIH/sida, le paludisme et d'autres maladies, préserver l'environnement, mettre en place un partenariat mondial pour le développement.
Ce sommet doit être couronné d'« un grand succès », a estimé Ban Ki-moon. Pour le secrétaire général, le document final de la réunion plénière a déjà fait l'objet d'un accord entre les participants. Les objectifs que la communauté internationale s'est fixés pour lutter contre la pauvreté, la faim et améliorer la santé et l'éducation étaient « difficiles et ambitieux, mais réalisables ».
Il est à noter qu'un impressionnant dispositif de sécurité a été mis en place autour du Palais de Verre pour accueillir les 140 chefs d'État et de gouvernement qui participeront au Sommet du millénaire pour le développement qui ouvrira ses travaux ce matin jusqu'au 22 septembre. La réunion plénière sera suivie du débat général annuel prévu du 23 au 30 septembre. Cette « période de cauchemar » est encore plus amplifiée cette année par les travaux de « rénovation massive » que subit l'ONU qui « rendront l'accès difficile non seulement aux délégations et au secrétariat mais plus particulièrement aux journalistes, » a averti Ban Ki-moon.

