À 24 ans, Gaël Monfils a pris une nouvelle dimension en démontrant ses qualités de leader en Coupe Davis, battant notamment, vendredi en demi-finale, l’Argentin David Nalbandian. Le Parisien, n° 15 mondial, doit d’abord son statut de patron à l’absence de son grand ami Jo-Wilfried Tsonga, blessé. Mais il a aussi su mûrir, nouant une nouvelle relation avec Guy Forget et prenant son rôle avec sérieux et détermination, quand le groupe a, lui, appris à cerner son personnage. Jean-Philippe Ksiazek/AFP
La composition des simples d'hier, disputés pour l'honneur après que la France eut acquis le 3e point décisif la veille, avait été bouleversée par les capitaines.
Le duel Gaël Monfils-Juan Monaco a ainsi été remplacé par la rencontre Gilles Simon-Eduardo Schwank.
Au final, la France a rossé l'Argentine de David Nalbandian, ancien troisième joueur mondial, sur le score sans appel de 5-0.
Il s'agit du deuxième succès d'affilée par 5 à 0 des Français, après avoir étrillé l'Espagne sur le même score en quarts de finale à Clermont-Ferrand. Au premier tour, l'Allemagne avait réussi à sauver l'honneur (4-1) en profitant de l'abandon de Jo-Wilfried Tsonga face à Simon Greul lors du 4e match.
Gasquet écarté
Il y a un an, la troupe du capitaine Guy Forget bataillait contre les Pays-Bas pour éviter la relégation. Douze mois plus tard, elle peut rêver de soulever le saladier d'argent pour la première fois depuis 2001.
L'équipe de France ne se limite pas à trois ou quatre joueurs mais six ou sept comme se plaît à le rappeler Guy Forget, qui a su trouver les hommes capables de pallier les absences sur blessure de Jo-Wilfried Tsonga, le numéro un français, et de Julien Benneteau, devenu cette saison incontournable en double.
Le capitaine a pris des risques en écartant Richard Gasquet et son talent légendaire en simple et en rappelant Arnaud Clément, vétéran de bientôt 33 ans, en double.
Discussions
La défaite à Ostrava (l'an passé au premier tour contre la République tchèque) semble être pour beaucoup dans la construction de cette équipe, comme le confirme Tsonga qui, comme Benneteau, a fait le déplacement à Lyon pour soutenir ses copains, allant même jusqu'à jouer le porteur de sac pour Michaël Llodra, lors de son simple de vendredi.
Gaël Monfils, longtemps soupçonné de ne pas s'investir suffisamment en Coupe Davis, et qui reconnaît volontiers aujourd'hui que le maillot de l'équipe de France est « lourd à porter », évoque, lui, les échanges qu'il a eus avec son capitaine. « J'ai eu une discussion à Genève avec Guy après Maastricht (où a eu lieu le match de barrage l'an passé), puis encore à l'Open d'Australie. Guy commence à beaucoup mieux me cerner. Il sait comment me parler et moi aussi », a-t-il dit.
Un argument repris par Julien Benneteau : « Guy connaît mieux les joueurs et pour tous aujourd'hui, la Coupe Davis est devenue un objectif majeur. »
Richard Gasquet évoque, lui, le terrain.
« C'est un groupe très solide. Les mecs jouent très, très bien au tennis », rappelle-t-il.
En vieux sage, Arnaud Clément, pilier de l'équipe au début de la décennie et qui n'y avait plus figuré depuis le quart de finale perdu en 2008 face aux États-Unis, a une idée sur la question. « Moi, je ne sais pas ce qui a été le déclencheur, je n'étais pas là ! Mais dans une équipe, c'est un ensemble de choses, de petits détails qui font la réussite », a-t-il dit.


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