Une urne est chargée sur un âne, pour que les habitants d’un village de la vallée de Panjshir puissent voter aujourd’hui. Shah Marai/AFP
Parallèlement, un candidat aux législatives, Abdul Rahman Hayat, a été kidnappé dans la province du Laghman (Est). « Je ne sais pas ce qu'il y faisait, mais je confirme qu'il a été enlevé », a affirmé Abdul Rahman Muhabat, responsable provincial de la Commission électorale indépendante.
Un porte-parole régulier du commandement des talibans, Zabihullah Mujahid, a revendiqué auprès de l'AFP l'enlèvement du candidat. Les talibans avaient menacé de lancer des attaques lors du scrutin et de viser en priorité les forces de sécurité et le personnel travaillant à l'organisation des élections. Selon la représentation de l'ONU à Kaboul, deux employés de la Commission électorale indépendante ont été tués mercredi dans la province de Balkh (Nord).
Auparavant, la campagne électorale s'était doublée d'une campagne d'intimidation des candidats. Au moins trois d'entre eux ont été assassinés et des dizaines d'attaques ont été perpétrées contre leurs partisans durant les semaines précédant le scrutin.
Plus de 10,5 millions d'Afghans sont appelés aujourd'hui à élire les 249 députés de l'Assemblée nationale (Wolesi Jirga). Le président Hamid Karzaï a déclaré hier espérer que le « peuple partout en Afghanistan, dans chaque coin, chaque ville et chaque province, ira dans son bureau de vote et votera pour son candidat ». Il a aussi reconnu qu'il fallait s'attendre à des « irrégularités ». « Il y aura des problèmes et des accusations, mais nous devons essayer de faire de notre mieux compte tenu des circonstances et faire de ces élections un succès », a ajouté M. Karzaï, appelant les Afghans, y compris les talibans, à se rendre aux urnes. « Le scrutin ne sera pas parfait, mais, au vu des précautions prises par le gouvernement, je suis certain que ces élections se dérouleront mieux que celles de l'an dernier », a estimé pour sa part Staffan de Mistura, représentant spécial de l'ONU en Afghanistan.
Ce scrutin législatif - le second depuis la chute des talibans - intervient un an après une présidentielle entachée de fraudes massives. Les résultats définitifs du scrutin législatif sont attendus le 31 octobre.
La future composition de cette Assemblée nationale ne changera pas fondamentalement la donne dans un pays où le président concentre l'essentiel des pouvoirs et ne peut se maintenir sans la présence des quelque 150 000 soldats des forces internationales.


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