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Liban - Éclairage

Zone rouge : le Liban politique retient son souffle

Un ancien ministre pense que la phase présente est pleine de dangers pour ce malheureux petit pays que menace un orage d'automne provoqué par des vents soufflant du dehors, par suite du bras de fer entre les axes autour de multiples sujets, dont les négociations directes. À ce propos, on apprend que l'émissaire US George Mitchell s'efforce maintenant de mettre en train le volet syro-israélien, mais aussi le volet libano-israélien. Ce qui est une source d'espoir renforcé pour certains, mais d'inquiétude supplémentaire pour d'autres. Car l'Iran rue dans les brancards en s'appuyant sur deux forces que nul ne peut négliger : le Hamas palestinien et le Hezbollah libanais. L'objectif déclaré étant d'empêcher une paix qui ne serait qu'une « capitulation face à Israël et au Grand Satan américain ».
La source citée relie donc au dossier régional le climat tendu que suscitent sur la scène locale les attaques et les déclarations incendiaires du Hezbollah ou du CPL. Une offensive qui, à son sens, s'inscrit dans le cadre de la bataille livrée au projet
israélo-américain dans la région. Et, en corollaire, au tribunal international qualifié d'instrument ciblant le Hezbollah et son armement à des fins extérieures.
Selon des cadres qui l'ont rencontré dernièrement, le député Walid Joumblatt avoue craindre les retombées des développements régionaux sur la scène locale. Ce n'est donc pas sans appréhension qu'il observe et relève l'escalade en cours actuellement. À ce sujet, des loyalistes rappellent que les médias du 8 Mars n'ont pas manqué d'annoncer, tout au long du mois de ramadan, une vive montée des tensions après la fête du Fitr. Ce qui se produit effectivement. Joumblatt, indique l'un de ses auditeurs loyalistes, doute dès lors qu'une trêve politico-médiatique puisse tenir longtemps. Il faut donc déployer des efforts pour la conforter et favoriser le maintien de la stabilité interne. Certains visiteurs de Damas assurent pour leur part que les dirigeants syriens entreprennent des contacts à cet effet avec les Saoudiens et avec les Français.
Cela dit, des loyalistes affirment que le menu local que le 8 Mars offre à leurs yeux est trop copieux pour se limiter aux entrées et aux hors-d'œuvre extérieurs. C'est-à-dire que, selon eux, les partisans de l'Iran, bien plus obsédés désormais par le TSL que les partisans de la Syrie, veulent à tel point le neutraliser qu'ils se mettent en campagne pour rafler le pouvoir tout entier. Mettre la main sur l'État pour de bon. Par une action rampante de sédition commençant par un appel à l'insubordination civile, accompagné d'attaques violentes contre la légalité, les institutions, les services, les ministres et même contre le chef de l'État. Ce dernier a dû, dès lors, intervenir pour arrêter la dégradation, en appelant toutes les parties à respecter les institutions de l'État et la loi.
Illusions, illusions : les gesticulations effrénées des anti-TSL ne servent à rien, souligne un observateur. À supposer qu'ils parviennent à faire sauter le cabinet Hariri pour en former un à leur guise, à supposer même, à Dieu ne plaise, que l'État libanais s'effondre, le tribunal n'arrêterait pas ses travaux. Au contraire même, il en paraîtrait encore plus indispensable pour le plan inéluctable que l'ONU mettrait alors en place afin de reconstituer l'entité libanaise. Confirmant ces vues, des sources diplomatiques, se référant aux récentes assurances de Ban Ki-moon lui-même, excluent toute possibilité d'arrêt du tribunal ou même de gel de ses activités. Tout ce qu'il est possible d'envisager, précisent-elles, c'est par exemple de retarder un peu la publication de l'acte d'accusation afin de mettre au point un programme de prévention des retombées sécuritaires internes au Liban. Avec, évidemment, le concours diligent de la Syrie et de l'Arabie saoudite. Voire, comme il y a deux ans, de l'Iran car il est d'accord avec Riyad pour empêcher tout éventuel heurt entre chiites et sunnites commençant au Liban.
Un ancien ministre pense que la phase présente est pleine de dangers pour ce malheureux petit pays que menace un orage d'automne provoqué par des vents soufflant du dehors, par suite du bras de fer entre les axes autour de multiples sujets, dont les négociations directes. À ce propos, on apprend que l'émissaire US George Mitchell s'efforce maintenant de mettre en train le volet syro-israélien, mais aussi le volet libano-israélien. Ce qui est une source d'espoir renforcé pour certains, mais d'inquiétude supplémentaire pour d'autres. Car l'Iran rue dans les brancards en s'appuyant sur deux forces que nul ne peut négliger : le Hamas palestinien et le Hezbollah libanais. L'objectif déclaré étant d'empêcher une paix qui ne serait...
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