Il a été précédé d'une séance parlementaire marathon, qui a débuté en milieu d'après-midi mardi pour ne s'achever qu'hier matin, les députés de gauche tentant de repousser l'heure du vote.
La tension était vive, en particulier entre les députés socialistes et le ministre du Travail Éric Woerth, chargé de défendre le projet du gouvernement qui, s'il a fait quelques concessions sur les emplois pénibles et les carrières longues, continue à exclure toute modification du volet-clé de son texte, le relèvement de 60 à 62 ans de l'âge de la retraite. Les syndicats et partis de gauche assurent toutefois que la « bataille n'est pas perdue » et promettent d'accroître la mobilisation populaire. « Les jeux ne sont pas faits », a prévenu mardi la patronne du Parti socialiste Martine Aubry, tandis que les députés socialistes se sont symboliquement présentés hier dans l'hémicycle ceints de leur écharpe tricolore d'élus de la nation.
Conforté par deux sondages marquant une progression du nombre des Français hostiles au recul de l'âge de la retraite, le dirigeant de la CGT, premier syndicat français, Bernard Thibault, a affirmé qu'« il n'est pas illusoire de viser la victoire ». Les syndicats, qui dénoncent une réforme injuste, comptent sur la rue pour faire reculer le gouvernement. Ils avaient réussi leur pari de mobiliser massivement les salariés le 7 septembre, avec plus d'un million de personnes dans les rues selon la police (jusqu'à 2,7 millions selon la CGT).
Après son adoption par l'Assemblée, le projet de loi sera débattu au Sénat à partir du 5 octobre. D'ici là, les syndicats ont appelé à une nouvelle journée de grèves et manifestations le 23 septembre. Il reste encore « un petit peu de marge » au Sénat pour amender le projet de loi, a, pour sa part, promis Nicolas Sarkozy aux sénateurs UMP qu'il recevait à déjeuner.

