« Lorsque le citoyen n'obtient pas ses droits, l'État tombe », a déclaré M. Nicolas à Radio Liban Libre avant d'ajouter : « Comment est-il possible que le Libanais puisse avoir confiance dans la justice alors qu'il n'est pas capable de se protéger ? Est-il possible de pardonner aux faux témoins ? » Il a aussi fait état d'infractions au niveau de l'enquête menée auprès de M. Fayez Karam, soupçonné de collaboration avec Israël, indiquant que le service des renseignements des FSI n'a pas le droit de faire subir des interrogatoires à la population.
Son discours fait ainsi écho à celui que le général Michel Aoun avait tenu la veille et qui avait soulevé un tollé dans les milieux politiques de la majorité. Les réactions se sont poursuivies hier aussi. La ministre d'État, Mme Mona Afeiche, a jugé nécessaire de résoudre tous les poblèmes qui se posent dans le cadre des institutions de l'État, tout en soulignant que « le général Aoun est un homme d'État qui essaie de renforcer celui-ci ». Elle a tout de même estimé dans une déclaration à la télévision que « l'escalade verbale médiatique est inutile pour tout le monde et ne fait qu'accentuer la confusion dans laquelle la population se trouve ».
Pour le coordonnateur général du 14 Mars, Farès Souhaid, cette confusion se justifie « principalement par la contradiction au niveau des positions qui émanent de la Syrie et du Hezbollah ». « Celle-ci laisse penser que nous sommes aux portes d'une nouvelle étape dont le principal objectif est de court-circuiter le Tribunal spécial sur le Liban », a-t-il dit, accusant le général Aoun et l'ancien directeur de la Sûreté générale, Jamil Sayyed, de « mener un coup d'État ». Cette même idée a été reprise par le député Joseph Maalouf, au cours du dîner annuel des Forces libanaises à Ras el-Harf, alors que le ministre Jean Oghassabian a reproché à certaines forces du 8 Mars d'« être allées trop loin dans les menaces de discorde et dans les appels à un coup d'État », tout en appelant à un retour au calme.
Le député Ammar Houri a jugé que le général Aoun « assume le rôle qui lui a été confié par l'orchestre hostile au TSL », estimant que cette levée de boucliers « n'a rien à voir avec les orientations syriennes ». Selon lui, des discours belliqueux des deux derniers jours « nuisent aux relations entre le Liban et la Syrie ». Ce n'est cependant pas l'avis du député Élie Marouni. Celui-ci a constaté que les déclarations incendiaires ont suivi les deux visites successives que le général Sayyed et le ministre Gebran Bassil avaient effectuées à Damas.
Plus virulent, le député Mohammad Kabbara a affirmé que « si le général Aoun considère le gouvernement comme une bande de malfaiteurs, il est alors incontestablement le chef de l'une de ses cellules ». Selon lui, le chef du CPL aurait mieux fait de s'adresser au Parlement pour demander que le gouvernement pose la question de confiance.
Les députés de Tripoli Nagib Mikati, Ahmad Karamé et Mohammad Safadi ont plus particulièrement dénoncé la campagne menée contre la présidence du Conseil, mettant en garde contre les dangers d'une telle entreprise.

