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Lifestyle

Claude Chabrol et l’amour de la bonne chère

« La différence entre le gourmet et le gourmand me fait bien rigoler, il faut savoir être les deux ! » affirmait Claude Chabrol.
Pour le réalisateur décédé dimanche, « manger et travailler bien, c'était la même chose ». « Le repas est un des rares moments où un être humain n'est pas tout à fait le même au début et à la fin. Si on fait la bonne addition ou la bonne soustraction, on arrive à comprendre les gens. À partir de là, c'est plus facile de travailler avec eux », ajoutait celui qui avait participé en 2004 à Dijon au premier festival « Cinéma et Gastronomie ». Il se faisait un point d'honneur à bien nourrir ses acteurs : « Avant le tournage, je fais un repas avec eux pour voir si je ne me suis pas trompé. » À la fin, il régalait l'équipe de petits plats et de bons vins. Claude Chabrol, qui a longtemps vécu en Anjou, ne cachait pas que, s'il hésitait entre deux lieux de tournage, il choisissait en fonction des restaurants du lieu : « Ce serait crétin de ne pas retenir celui où on mange le mieux, non ? »
Dans les années 1950, « je pouvais manger une oie entière, douze tranches de rôti de veau, ce genre de performance dont j'étais très fier », avait-il dit à Libération en 2001. Il se moquait volontiers de ses camarades de la Nouvelle Vague, plus austères que lui, qui mangeaient tellement mal. Une fois, il avait invité François Truffaut à se délecter d'un foie gras. « Pas mal, ton pâté... » avait commenté ce dernier. Mine affligée de Chabrol.
Avec son scénariste fétiche, Paul Gégauff, excellent cuisinier amateur qui devait finir poignardé par sa femme, il s'amusait à inventer des recettes ou à remettre au goût du jour des recettes anciennes : « Je me rappelle une nuit entière à éplucher des noisettes pour refaire un plat de François Ier. » En 1997, à Paris Match, il indiquait que son plat préféré était la sole que préparait sa femme avec « cuisson à sec, à la seconde près », ainsi que le gibier, surtout le chevreau. En matière de vins, ses goûts étaient très classiques : grands bordeaux et bourgognes.
Amusée, la critique avait l'habitude d'écrire que, par exemple, « au guide Michelin, son film aurait obtenu sa troisième étoile » ou alors que son histoire était « bien mitonnée ». « Rôtisseur lui-même, il surveille avec autant d'amour la cuisson des volailles que la confection d'un long-métrage », avait écrit Philippe Bouvard.
Évidemment, avec l'âge et quelques alertes médicales, il devait ces dernières années se surveiller un peu et consommer, notamment, moins de chocolat.
« La différence entre le gourmet et le gourmand me fait bien rigoler, il faut savoir être les deux ! » affirmait Claude Chabrol.Pour le réalisateur décédé dimanche, « manger et travailler bien, c'était la même chose ». « Le repas est un des rares moments où un être humain n'est pas tout à fait le même au début et à la fin. Si on fait la bonne addition ou la bonne soustraction, on arrive à comprendre les gens. À partir de là, c'est plus facile de travailler avec eux », ajoutait celui qui avait participé en 2004 à Dijon au premier festival « Cinéma et Gastronomie ». Il se faisait un point d'honneur à bien nourrir...
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