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Culture - Cinéma

Un musical muet pour célébrer Satchmo

Un retour au film muet en high-tech et musique live, une belle commémoration du « All that Jazz » et de la belle carrière de Louis Armstrong.

Louis Armstrong enfant, interprété par Anthony Coleman.

À l'heure où le grand écran vit la formidable technologie des 3 et 4 D et où le petit écran en est à la haute définition, regarder vers le passé pour faire un pied de nez au progrès en cours est une entreprise audacieuse. Le metteur en scène Dan Priztker s'y est lancé en réalisant aujourd'hui un film muet intitulé Louis qui conte l'enfance et les débuts de la fulgurante carrière du trompettiste Louis Armstrong.
Ici, le défi était donc de faire un film à l'aide de la technologie de pointe, mais qui semble avoir été filmé en 1920. Pour cela, Priztker fait appel au chef opérateur emblématique Vilmos Zsigmond, lauréat de plusieurs Oscars et connu pour sa coopération à nombre de succès tels que Rencontre du troisième type et Deer Hunter. Zsigmond (80 ans), établi aux États-Unis, est originaire de Hongrie où il avait effectué des études cinématographiques et réalisé ses premières œuvres en noir et blanc. Pour Louis, sa préoccupation était une affaire de dosage: combien fallait-il emprunter au style du passé et combien fallait-il refléter la technique de nos jours. Alors, il a opté pour une pellicule 35 mm en couleurs avec laquelle il a filmé et qu'il a ensuite soumis au procédé de «désaturation», pour montrer une touche de couleur, pareille à celle que l'on peignait à la main dans les films muets. Résultat: des images sépia comme dans le temps à l'ingéniosité
contemporaine.

La trompette de Wynton Marsalis
Quant à la technologie haut de gamme elle apparaît, entre autres, avec un savant travelling faisant débouler une cinquantaine de danseuses dans le quartier des maisons closes de La Nouvelle-Orléans des années 1910. Le film, qui n'a rien d'un documentaire, imagine l'enfance du célèbre jazzman dans cette ville du tournant du siècle, bruissant de rythmes et de fêtes. On y voit Louis, âgé de 6 ans, en 1907, vivant dans une famille disfonctionnelle et un quartier difficile mais déjà pris par sa passion pour la trompette. Plus tard, il se fera le défenseur d'une belle jeune femme, Grace, et de son bébé, Jasmine, lorsque le père de l'enfant, un juge de renom, refuse de reconnaître la paternité de cette enfant noir pour ne pas nuire à sa carrière.
Traditionnellement, les films muets étaient sonorisés par un accompagnement musical, généralement un pianiste qui tente de marquer le tempo de l'action. Louis a aussi le sien qui, à lui seul, est un morceau de bravoure car écrit et interprété par le grand trompettiste Wynton Marsalis (également natif de La Nouvelle-Orléans), qui restitue l'inoubliable instrument de Satchmo. Lui donnent la réplique un groupe de musiciens pour recréer le large éventail du paysage musical américain. Par ailleurs, Marsalis a signé de nouveaux arrangements pour des pièces de jazz classiques de Jelly Roll Morton, Duke Ellington, Charles Mingus et du compositeur créole du XIXe siècle, Louis Moreau Gottschalk.
Vu ce format de projection cinématographique enrichie d'un récital live, en guise de doublage, le film Louis fait l'objet d'une tournée dans le pays, car il est présenté non pas dans des salles de cinéma mais de concert. Il a été lancé à Chicago et récemment dans les environs de Washington, plus précisément au centre Strathmore. Cette œuvre est un hommage à Louis Armsrong, à Charlie Chaplin et à la naissance de la musique américaine.
À l'heure où le grand écran vit la formidable technologie des 3 et 4 D et où le petit écran en est à la haute définition, regarder vers le passé pour faire un pied de nez au progrès en cours est une entreprise audacieuse. Le metteur en scène Dan Priztker s'y est lancé en réalisant aujourd'hui un film muet intitulé Louis qui conte l'enfance et les débuts de la fulgurante carrière du trompettiste Louis Armstrong.Ici, le défi était donc de faire un film à l'aide de la technologie de pointe, mais qui semble avoir été filmé en 1920. Pour cela, Priztker fait appel au chef opérateur emblématique Vilmos Zsigmond, lauréat de plusieurs Oscars et connu pour sa coopération...
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