Ils sont 33 mineurs, le premier message qu'ils griffonnèrent donnant signe de vie comporte 33 caractères, espaces compris: "Estamos bien en el refugio los 33", (Nous allons bien, les 33 dans le refuge). Et le film durera une heure et... 33 minutes.
"Les 33. Tiré d'une histoire vraie", dit l'affiche déjà prévue, qui montre un mineur s'avançant, dans l'obscurité, vers la lumière au bout d'une galerie. Un scénario encore très fictif pour les 33 hommes de San José, qui doivent être secourus d'ici deux à trois mois selon les prévisions des autorités.
L'auteur de "Femmes infidèles" (2004), une histoire d'adultère dans les milieux de la télévision, et de "All inclusive" (2008), sur les tribulations d'une famille chilienne en vacances aux Caraïbes, confirme son intérêt pour les histoires en prise directe avec la réalité. A fortiori si, comme à la mine San José, elle semble dépasser la fiction.
"Il y a là une grande histoire à raconter", explique Ortuzar. "Mon idée est de faire une histoire centrée sur le confinement, et en même temps la renaissance que vivront les mineurs à leur retour à la surface", ajoute-t-il.
"Nous avons pendant ce temps-là l'occasion de développer un scénario", ajoute le réalisateur. "On filme en ce moment au camp (Espoir) pour observer ce qui s'y passe, et ensuite le recréer. Mais on ne sait pas encore si on utilisera ces images-là dans le film".
Quelques voix ont taxé Ortuzar d'opportunisme, lorsqu'il a annoncé son projet, en plein émoi national au Chili au sujet de la survie des mineurs, bloqués depuis un éboulement souterrain le 5 août.
Le cinéaste souligne qu'il a prévu de transférer les recettes du futur film dans les salles chiliennes à une fondation veillant à l'avenir des fils des 33 mineurs.
Il rappelle aussi qu'il prépare deux projets sur d'autres drames: l'un sur le séisme et le tsunami de février (521 morts), l'autre sur la "tragédie d'Antuco", lorsque 45 jeunes militaires ont péri dans les Andes, pris dans une violente tempête de neige, au cours d'une marche de 25 km en 2005.
"Quand est survenu l'accident de la mine, je me suis dit: on tient là une autre très bonne histoire. Imaginez s'il y avait un survivant...", raconte Ortuzar.
"Il faut attendre le dénouement bien sûr, mais tout ce qui s'est passé jusque ici paraît incroyable", poursuit-il.
"Ils sont prisonniers à 700 mètres de profondeur, et cela va opérer en eux une transformation interne. Il se génère aussi en bas une mini-société, tout cela est hallucinant", conclut-il.
Le film devrait sortir, si tout se passe bien, au deuxième semestre 2012. Son titre est tout trouvé, "Les 33", "parce que ce chiffre est comme cabalistique", estime Ortuzar.
"Ils sont 33 mineurs, le premier message qu'ils griffonnèrent donnant signe de vie comporte 33 caractères", espaces compris: "Estamos bien en el refugio los 33", (Nous allons bien, les 33 dans le refuge). Et le film durera une heure et... 33 minutes.

