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Moyen Orient et Monde - Polémique

Autodafé du Coran : « alerte globale » d’Interpol

« Une aubaine pour el-Qaëda. » C'est en ces termes que Barack Obama a condamné, hier, le projet du pasteur radical Jones de brûler des exemplaires du Coran samedi, date anniversaire des attentats du 11-Septembre. Face au tollé mondial suscité par son projet, et alors qu'Interpol lançait une « alerte globale », le pasteur a néanmoins laissé entendre, hier, qu'il pourrait faire marche arrière.

Le pasteur intégriste Terry Jones a reconnu hier qu’il ne « pourrait pas ignorer » un éventuel appel des autorités américaines à annuler la manifestation. Paul J. Richards/AFP

« C'est un geste destructeur » et « complètement contraire aux valeurs de l'Amérique », a déclaré hier le président américain Barack Obama en dénonçant le projet d'une petite église intégriste de Floride, dirigée par le pasteur Terry Jones, de brûler des exemplaires du Coran samedi. « C'est une aubaine pour le recrutement d'el-Qaëda. Il pourrait y avoir de graves violences au Pakistan ou en Afghanistan. Cela pourrait intensifier le recrutement d'individus qui sont prêts à se faire exploser dans des villes américaines ou européennes », a-t-il encore ajouté. Face à ces craintes, l'Université de Floride s'est placée en état d'alerte, demandant à son personnel et ses étudiants de signaler toute « personne ou paquet suspects ». Le département d'État a, par ailleurs, adressé hier une mise en garde aux Américains dans le monde entier. Signe que la tension monte, en Afghanistan, des milliers de personnes se sont rassemblées dans une petite ville située au nord de Kaboul, pour crier des slogans antiaméricains et antichrétiens.
De son côté, l'organisation de coopération policière Interpol a lancé une « alerte globale » à ses 188 pays membres, mettant en garde contre des « attaques violentes visant des innocents » et une « menace terroriste » si le projet est mené à terme.
À la tête du « Dove World Outreach Center » (« Centre colombe pour aider le monde »), le pasteur Jones compte brûler 200 exemplaires du Coran samedi, jour anniversaire des attentats du 11 septembre 2001, vers 22h00 GMT, à Gainesville. L'initiative de ce groupuscule d'une cinquantaine de membres est censée glorifier le souvenir des victimes des attentats. Elle survient à un moment particulièrement sensible : les musulmans célèbrent autour du 10 septembre la fin du ramadan et les autorités aux États-Unis craignaient déjà avant cette polémique une montée du sentiment antimusulman.
Alors que jusque-là il répétait sa détermination à mener son projet à son terme, le pasteur a reconnu hier dans le quotidien USA Today qu'il ne « pourrait pas ignorer » un éventuel appel des autorités américaines à annuler la manifestation. Deux responsables chrétiens ont annoncé qu'ils allaient partir à sa rencontre pour tenter de le raisonner. Pour sa part, l'administration Obama a annoncé hier soir qu'elle envisageait de s'adresser directement au pasteur pour lui demander de renoncer à ses plans. En attendant, le site Internet du groupuscule a été désactivé par la société qui l'hébergeait pour non-respect des conditions d'utilisation interdisant l'incitation à la violence.
Alors que le pasteur tergiversait, la liste des mises en garde s'allongeait d'heure en heure dans le monde. Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a jugé l'initiative « inacceptable ». Le président pakistanais Asif Ali Zardari a parlé d'un projet « abominable » qui risque « d'enflammer les sentiments des musulmans ». Cet acte « pourrait être pris comme prétexte par les extrémistes pour commettre plus de meurtres », a réagi le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki. « Les musulmans n'accepteront aucune atteinte au Coran », affirmait, pour sa part, la prestigieuse institution sunnite d'al-Azhar, au Caire. La France, de son côté, a condamné ce projet qui constitue « une insulte » aux morts du 11-Septembre, victimes eux-mêmes du « dévoiement de la religion ». L'Inde a appelé les médias du pays « à ne pas diffuser d'images de cet acte déplorable ». En Israël, Benjamin Netanyahu s'est également élevé hier contre les conséquences d'un tel projet « irresponsable », soulignant qu'il « mine la tolérance religieuse et la paix ».
Des responsables religieux ont cependant cherché à désamorcer la colère. Pour les ulémas du Maroc, le projet d'autodafé relève « d'une initiative isolée, étrangère aux valeurs de la religion chrétienne ». Le recteur de la Grande Mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, a appelé les musulmans à ne pas « tomber dans le panneau de la provocation ». Le Council of American Islamic Relations (CAIR), l'une des principales organisations musulmanes américaines, a également appelé ses coreligionnaires à rester calmes face aux propos « de personnes ignorantes ».
« C'est un geste destructeur » et « complètement contraire aux valeurs de l'Amérique », a déclaré hier le président américain Barack Obama en dénonçant le projet d'une petite église intégriste de Floride, dirigée par le pasteur Terry Jones, de brûler des exemplaires du Coran samedi. « C'est une aubaine pour le recrutement d'el-Qaëda. Il pourrait y avoir de graves violences au Pakistan ou en Afghanistan. Cela pourrait intensifier le recrutement d'individus qui sont prêts à se faire exploser dans des villes américaines ou européennes », a-t-il encore ajouté. Face à ces craintes, l'Université de Floride s'est placée en état...
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