L'année 2009 a été exceptionnelle avec trente satellites de télécoms commandés dans le monde.
Les grands opérateurs comme le luxembourgeois SES et le français Eutelsat ont continué à dégager des marges très confortables et poursuivi le renouvellement de leur flotte de satellites.
Au total, les entreprises de services fixes par satellite ont réalisé l'an dernier un chiffre d'affaires en hausse de 4,4 % à 10,3 milliards de dollars, selon le cabinet spécialisé Euroconsult.
En dépit de la crise, la demande n'a pas cessé de croître, en particulier pour la télévision.
L'année en cours s'annonce encore bonne pour les industriels, même si le rythme des commandes de satellites est un peu moins rapide. Avec 19 à ce jour, elles pourraient atteindre 25 ou 26 en 2010.
Mais certains professionnels de l'espace, réunis pour un sommet cette semaine à Paris, craignent un retournement de tendance vers 2013 ou 2014.
Le marché « devrait ralentir très significativement sur les prochains deux à quatre ans », prévoit Pacôme Révillon, le PDG d'Euroconsult.
Les grands opérateurs de télécommunications sont en effet en train d'achever le renouvellement de leur flotte de satellites, marquant peut-être la fin prochaine du cycle actuel.
Mais d'autres restent malgré tout optimistes sur l'avenir de l'usage commercial de l'espace.
« Cette industrie a encore de beaux jours devant elle », grâce aux nouvelles applications comme la 3D ou aux régions émergentes, juge Jean-Yves Le Gall, le PDG d'Arianespace.
« Il y a des régions entières du monde avec un développement considérable : le Moyen-Orient, l'Asie, le sous-continent indien, l'Afrique, où l'on sent ce besoin de satellites et l'on voit des projets qui foisonnent », explique-t-il.
Ariane 5 a d'ailleurs dernièrement lancé, début août, deux satellites d'opérateurs africains - Nilesat et RascomStar-QAF.
La menace immédiate vient peut-être plutôt de la baisse des crédits gouvernementaux. Les deux géants du satellite en Europe - l'européen EADS Astrium et le franco-italien Thales Alenia Space - craignent aujourd'hui des coupes dans les budgets.
« J'ai une inquiétude, et c'est une inquiètude qui monte dans l'industrie, c'est que la dette des États puisse les conduire à moins investir à l'avenir », affirme Reynald Seznec, PDG de Thales Alenia Space.
Le financement des agences spatiales gouvernementales - donc des projets scientifiques - comme des programmes dans la défense pourraient en effet être touchés par les plans d'économies budgétaires qui se dessinent dans tous les grands pays européens.
« On sait pertinemment que les États vont avoir du mal à tenir leurs engagements, en matière de défense notamment », confirme Florence Coppel, secrétaire (FO) du comité central d'entreprise de Thales Alenia Space France, implanté à Cannes et Toulouse.
À court terme, EADS Astrium et Thales Alenia Space devraient se voir confier par la France la fabrication de la troisième génération de satellites militaires d'observation Helios, pour près d'un milliard d'euros.
Mais c'est pour la suite que les industriels sont inquiets, même si le Livre blanc sur la défense adopté par la France en 2008 a consacré l'importance stratégique de l'espace militaire. Ils craignent en particulier pour les programmes de renseignement électromagnétique et d'alerte avancée antimissile.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine