La ministre des Finances, Raya el-Hassan, visiblement très agacée hier en Conseil des ministres. Photo Dalati et Nohra
« Ce que j'avais à dire, je l'ai dit au cours des derniers jours, alors yalla, passons au premier point inscrit à l'ordre du jour. » C'est en ces termes que Saad Hariri a entamé la séance ordinaire du Conseil des ministres qu'il présidait au Sérail, sans introduction politique donc, sans débat (autour de ceux que le Hezbollah qualifie de « faux témoins », notamment...) et sans reproches...
Sauf que le ton est monté d'un cran lorsque a été abordée la question des accords libano-syriens en général et de la double imposition en particulier. Les ministres du Travail, Boutros Harb, et des Affaires sociales, Sélim Sayegh, ont émis de sérieuses réserves quant à la pérennité du Conseil supérieur libano-syrien « au détriment des deux ambassades », réclamant que celles-ci héritent totalement des prérogatives dont dispose l'organe présidé par Nasri Khoury. Ainsi, au vu de la tension qui menaçait d'augmenter, il a été décidé que ce sujet serait traité au cours de la prochaine réunion bilatérale.
Le pic de tension a été atteint lors du débat sur les bénéfices engrangés par le ministère des Télécoms et dont doit bénéficier la CIM. Le ministre concerné, Charbel Nahas, a argué du fait que c'est à son département d'envoyer « directement » l'argent à la Caisse, « comme le stipule la loi ». Sa position a été appuyée par ses collègues d'Amal et du Hezbollah. Soutenue par Saad Hariri, la grande argentière Raya el-Hassan a jugé que le problème réside dans « l'explication » de la loi et que c'est le ministère des Finances, une fois que le ministère des Télécommunications transfert les fonds, qui est en charge de les distribuer, notamment à la CIM. Selon des sources ministérielles interrogées par L'Orient-Le Jour, le Premier ministre s'est montré fort indisposé par l'entêtement de son ministre des Télécoms, qu'il a qualifié de « surenchères ». Pour Saad Hariri, l'État doit prendre en compte les sommes dues en maintenant la stabilité de la monnaie nationale.
« Les avis divergent sur la façon de faire, pas sur les principes. Une solution est possible », a précisé pour sa part le ministre de l'Information et porte-parole du gouvernement à l'issue de la séance.
Interrogé également sur le rapport sur les « faux témoins » que le ministre de la Justice, Ibrahim Najjar, est censé soumettre au Conseil des ministres, Tarek Mitri a indiqué que le ministre « a besoin davantage de temps. Cela peut être très court comme un peu plus long, je n'en sais rien. Mais jusque-là, le ministre Najjar ne dispose pas de toutes les informations nécessaires à la rédaction de son rapport », a-t-il expliqué.
Signalons enfin que le Conseil des ministres a notamment approuvé le rapport de la commission ministérielle chargée de plancher sur l'extradition des étrangers arrêtés, après qu'ils eurent purgé leurs peines.

