Ruwad Frontiers, qui déplore « la stratégie des autorités à l'égard des réfugiés, qui sont gardés en détention arbitraire plus d'un an, parfois même trois ans pour certains, pour les forcer à accepter leur refoulement ».
L'association affirme que la justice libanaise avait pourtant exigé la remise en liberté de la majorité des 10 réfugiés concernés. Elle ajoute qu'il est inconcevable de refouler des personnes qui ont le statut de réfugiés ou qui sont demandeurs d'asile, précisant que ceux qui ont refusé leur refoulement ont été déférés une nouvelle fois devant la justice. L'association tient à rappeler que « quelle que soit la situation légale des réfugiés et demandeurs d'asile, leur rapatriement forcé constitue une violation des lois internationales du non-refoulement, contraignantes pour tous les États, dont le Liban », indépendamment du fait que le Liban n'est pas signataire de la Convention 1951 relative au statut des réfugiés ni de son protocole de 1967. Ruwad Frontiers poursuit que « ces réfugiés sont détenus de manière arbitraire sans le moindre titre légal » et que « l'accord qu'ils ont donné pour leur refoulement résulte de leur détention prolongée ».
L'association dénonce la politique de l'État de maintenir les réfugiés en détention prolongée et indéterminée, après qu'ils eurent purgé leurs peines. Elle précise que la détention arbitraire est jugée comme étant une forme de torture par les instances onusiennes. « Cette politique n'a toujours pas changé, même après les jugements qui ont été prononcés en 2010, qualifiant ces détentions d'arbitraires, car sans aucune base légale », souligne-t-elle. « La justice libanaise considère également que les accords de départs volontaires signés par les réfugiés ne sont pas valables, car ces personnes se trouvent en situation de détention et sont privées de leur liberté », poursuit-elle. Et de déplorer que la commission ministérielle, formée spécifiquement pour traiter la question, ait terminé ses travaux sans publier de recommandations et que les libertés individuelles consacrées par la Constitution libanaise et les conventions internationales sont aujourd'hui bafouées.
Ruwad Frontiers invite les autorités libanaises à ne pas refouler les 10 réfugiés concernés et à ne rapatrier par la force aucun réfugié ou demandeur d'asile conformément aux engagements du Liban à respecter les conventions internationales. Elle demande également aux autorités d'appliquer immédiatement les jugements de remise en liberté des réfugiés détenus arbitrairement.

