Il a aussi noté que « l'appel de faire de Beyrouth une ville démilitarisée n'est pas nouveau, mais les incidents de la semaine dernière n'ont fait qu'accentuer ce besoin », ajoutant que « les incidents de mardi dernier constituent une scène de la guerre civile ». Il a affirmé que « si le Hezbollah n'est pas convaincu de l'importance de démilitariser Beyrouth, il sera impossible de désarmer la capitale », estimant que « les armes utilisées à Bourj Abi Haïdar ne constituent pas des armes de la résistance mais celles d'une milice ». « Désormais la priorité à Beyrouth est sécuritaire », a-t-il poursuivi.
De son côté, le ministre des Affaires sociales Sélim Sayegh a appelé le gouvernement libanais « à agir et à faire de Beyrouth une ville démilitarisée ». « Une arme tournée contre Israël est une arme noble, alors que quand cette même arme est tournée vers l'intérieur du pays, contre les Libanais, elle devient une arme de milice », a-t-il dit, soulignant qu'il « relève de l'intérêt du Liban et du Hezbollah que Beyrouth devienne une ville démilitarisée ».
« Dans le passé, nous avions entendu que le camp palestinien de Nahr el-Bared est une ligne rouge ; aujourd'hui les responsables du Hezbollah mettent en garde contre le fait d'entraîner l'armée à une confrontation, comme si on voulait mettre des lignes rouges à Beyrouth », a ajouté M. Sayegh.
Pour sa part, le ministre Jean Oghassabian s'est posé « des questions relatives aux raisons qui mènent à l'usage des armes dans une ville et à l'agression du quotidien des habitants ». Il s'est aussi étonné du fait que « certains considèrent comme une action purement sectaire une visite d'inspection effectuée par un responsable dans une zone qui a connu des hostilités, dont l'incendie d'une mosquée », et ce en allusion à la visite de M. Hariri à Bourj Abi Haïdar, visite qui avait été critiquée par des responsables hezbollahis.
De son côté, le député Antoine Zahra s'est étonné du fait qu'une « altercation » entre frères « (en allusion à la déclaration de Nabih Berry) et alliés mène au déploiement de centaines de miliciens en l'espace de quelques minutes dans une grande partie de Beyrouth ». « Si ce n'était pas » entre frères, « une guerre civile aurait éclaté », a-t-il dit. « Il n'y aurait pas eu de déploiement armé à Beyrouth, si à la base il n'y avait pas des scénarios visant à s'emparer du terrain et à obliger les gens à se rendre », a-t-il ajouté.
Pour sa part, le coordinateur des forces du 14 Mars, Farès Souhaid, a souligné que « les Libanais refusent que Beyrouth se transforme en Kandahar en un clin d'œil ». « Ce qui s'est passé à Bourj Abi Haïdar a choqué tous les Libanais car encore une fois les armes ont été utilisées à l'intérieur de Beyrouth », a-t-il dit, appelant « le gouvernement à agir et à prendre des mesures très strictes afin d'empêcher ce genre d'action dans l'avenir ».
Dans le même cadre, l'ancien député Moustapha Allouche a indiqué que « le Hezbollah planifie de contrôler la terre et les hommes ». « Le pire c'est qu'au lieu de s'excuser des crimes qu'il a perpétrés à Beyrouth, le Hezbollah accuse ceux qui essaient d'alléger les peines des habitants de la ville d'attiser les haines sectaires », a-t-il dit. « Le Hezbollah considère le fait d'être présent et armé parmi les citoyens comme l'une de ses stratégies », a-t-il souligné en conclusion.

